L’exploration minière poursuit sa montée en puissance

Les travaux de recherche (hors phosphates) pour l’année 2017 concernent 43 projets, en progression de 7,5% par rapport à 2016. L’ONHYM met les bouchées doubles pour mettre en œuvre la stratégie nationale de développement du secteur minier 2015-2025.

L’exploration minière continue de plus belle. D’après les chiffres communiqués par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), 43 objectifs situés dans les zones à fort potentiel minier, à l’instar des provinces du Sud, de l’Anti-Atlas et de la région de l’Oriental, sont visés contre 40 en 2016, soit une progression de 7,5%.

En détail, les travaux propres de l’ONHYM concernent 31 objectifs dont 12 pour les métaux précieux, 8 pour les métaux de base et l’uranium, 3 pour les roches et minéraux industriels, 7 pour la reconnaissance minière et 1 projet spécial (géothermie). Les travaux en partenariat, quant à eux, portent sur 12 objectifs dont 4 pour les métaux précieux, 6 pour les métaux de base et 2 pour les roches et minéraux industriels.

La recherche stratégique (phase préliminaire) réalisée par l’office concerne, quant à elle, 7 projets contre 5 une année plus tôt. A ces projets principaux s’ajoutent plusieurs autres ayant trait à la géothermie, une campagne de géochimie dans le Haut Atlas central, deux projets intégrés dans les Jebilet-Guemassa en partenariat avec CMG et dans les provinces du Sud.

«Depuis sa création en 1928, l’office est à l’origine de la découverte de presque la totalité des gisements métalliques du Maroc et continue aujourd’hui à mettre en évidence des prospects et indices qui font l’objet de développement avec le privé», rappelle une source au sein du management de l’office public.

Accélération du rythme de la production cartographique

L’effervescence que connaît le secteur minier tant sur le plan de l’exploration que celui de l’exploitation s’explique par la mise en œuvre de plusieurs chantiers relevant de la stratégie de développement du secteur minier 2015-2025. «Cette stratégie arrêtée en concertation avec la profession minière repose sur des objectifs ambitieux à l’horizon 2025 visant l’augmentation du chiffre d’affaires et l’investissement dans l’exploration et la recherche minière. Pour rendre le secteur minier plus attractif, plusieurs chantiers sont actuellement ouverts. Il s’agit en particulier de mettre en œuvre la nouvelle réglementation minière, d’augmenter la cadence de la cartographie géologique et de restructurer l’activité minière artisanale», détaille notre interlocuteur. «Une feuille de route déclinant la vision 2015-2025 en projets cartographiques concrets et prioritaires a été mise en place. Le but recherché est d’accélérer le rythme de la production cartographique afin de mettre à la disposition des investisseurs une infrastructure géologique appropriée et fiable pour l’ensemble du territoire national. S’agissant de l’activité minière artisanale, une restructuration a été initiée avec la loi n° 74-15 relative à la région minière de Tafilelt et Figuig (CADETAF) qui vise à encourager l’ouverture sur l’initiative privée tout en veillant à la sauvegarde des droits des artisans mineurs exerçant actuellement dans la zone», égrène-t-elle.

Dans le même sens, la nouvelle loi faisant office de code minier adoptée en 2015 devra boosté le secteur en incitant à l’investissement privé aussi bien national qu’international, à en croire notre interlocuteur. «Cette nouvelle loi s’inscrit dans le cadre des réformes et mesures prises pour rehausser les performances du secteur minier et en renforcer l’attractivité vis-à-vis des investissements nationaux et étrangers. Elle a apporté plusieurs nouveautés. Premièrement, il s’agit de l’extension du champ d’application de la législation minière à d’autres substances minérales à usage industriel telles que la calcite, le feldspath, la magnésite, la perlite, à l’exception des matériaux de construction et de génie civil. Et deuxièmement, il y a lieu de citer l’introduction de l’autorisation d’exploration offrant aux entreprises minières la possibilité d’opérer sur des zones de grandes superficies allant de 100 à 600 km2 et pouvant atteindre 2 400 km2. Autres apports importants : l’extension du titre minier à l’ensemble des produits de mines au lieu d’une catégorie déterminée comme il est pratiqué dans l’ancienne réglementation ainsi que l’extension de la durée de validité de la licence d’exploitation de mines et son renouvellement jusqu’à épuisement des réserves», est-il expliqué.

Un nouveau pôle de promotion des investissements a été créé

Toujours dans le cadre de la stratégie 2015-2025, le gendarme marocain du secteur minier a mis les bouchées doubles pour être au diapason de cette nouvelle politique sectorielle. Pour continuer à remplir pleinement sa mission de promoteur et de catalyseur des secteurs des mines (hors phosphates) et des hydrocarbures au Maroc, il a adopté, à partir de 2016, un nouveau modèle de développement qui redéfinit son positionnement et ses orientations stratégiques. Ainsi, un nouveau pôle de promotion des investissements a été créé afin de renforcer la promotion au service de l’exploration en s’appuyant sur une veille stratégique, marketing et concurrentielle permettant un cadrage des projets d’exploration mines et hydrocarbures en ligne avec les attentes du marché et des investisseurs et en adéquation avec les objectifs et les intérêts de l’office.

Cette stratégie 2015-2025 vise à tripler le chiffre d’affaires du secteur minier hors phosphates à plus de 15 milliards de DH, multiplier par 10 le volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minière à près de 4 milliards et doubler les emplois générés par le secteur (hors phosphates) à plus de 30 000 emplois directs.

• Phosphates : 1er exportateur, 3e producteur mondial • Autres minéraux : plomb, zinc, cuivre, argent, or, Barytine, Manganèse. • Contribution au PIB : 10% • Chiffre d’affaires à l’export : 44,6 milliards de DH • Production : 28,92 Mt (26,9 Mt phosphates et dérivés) • Investissements : 32 milliards de DH • Emplois : 41 000 • Permis en vigueur: 6 353 (15% ONHYM) à fin 2016.