L’Europe incitée à aider davantage l’Amérique Latine

La 45e session de l’Académie du Royaume, qui aura lieu du 24 au 26 avril 2018, sera consacrée à l’Amérique Latine. Bien qu’elle ait réalisé d’importants progrès, cette partie du continent américain doit encore faire face à de grands enjeux, tels que l’éducation et la productivité.

«Un regard européen sur l’Amérique Latine». Tel était le thème de la conférence organisée, le 15 décembre à Rabat, par l’Académie du Royaume et animée par Marcelino Oreja Aguirre, président d’honneur de l’Académie des sciences morales et politiques et ancien ministre espagnol des affaires étrangères. Cette conférence entre dans le cadre du cycle préparatoire de la 45e session de l’Académie du Royaume, qui aura lieu du 24 au 26 avril prochain, sur le thème: «L’Amérique Latine comme horizon de pensée».

D’après M. Aguirre, «le contexte mondial actuel est ouvert sur cinq fronts: la technologie, la montée en puissance des classes moyennes, la transformation du pouvoir économique de l’Est vers l’Ouest, l’érosion du système de gouvernance mondiale et, enfin, la crise que traverse le monde commercial que nous avons créé il y a cinquante ans». Dans ce contexte, l’Amérique Latine apparaît comme une «région dotée d’un énorme potentiel et qui a réalisé d’importants progrès, mais qui doit encore faire face à de grands enjeux, tels que l’éducation et la productivité». A cela s’ajoute la question des inégalités, qui se pose avec acuité, d’autant plus que la réduction de la pauvreté ne se fait pas à un rythme adéquat avec le progrès.

Le Mexique et le Brésil sont des partenaires stratégiques de l’UE

En ce qui concerne la relation entre l’Europe et l’Amérique Latine, l’ancien ministre espagnol des affaires étrangères a indiqué que l’Union Européenne est le premier investisseur en Amérique Latine et son deuxième partenaire commercial. Il a également précisé que certains pays, tels que le Mexique et le Brésil, ont été identifiés comme partenaires stratégiques de l’UE. De même qu’il a mis l’accent sur le «besoin de stimuler la composante entrepreneuriale comme un facteur important de la relation bi-régionale», déplorant que la productivité des petites et moyennes industries en Amérique Latine représente seulement 15% de leurs équivalentes aux Etats-Unis.

Enfin, il a fait remarquer que «le processus d’intégration dans la région Amérique Latine-Caraïbes est extrêmement difficile, en particulier dans le Nord. En revanche, dans les pays du Sud, il y a quelque forme d’intégration. C’est pourquoi on parle aujourd’hui de rythme différencié d’intégration». La question est de savoir comment l’Europe peut soutenir cette intégration et apporter davantage d’aide à l’Amérique Latine, tant sur le plan économique, politique que sécuritaire (lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue, le crime organisé, etc.).

A noter que cette rencontre fait suite à la conférence inaugurale, organisée le 22 novembre dernier, sur le thème: «Les pays d’Amérique Latine et la traversée de la mondialisation : de bons navigateurs ou des naufragés» et qui a été animée par Fernando Collor de Mello, ancien Président du Brésil.