L’Etat veut que la moitié des brevets produits au Maroc à  l’horizon 2030 soit relative aux phosphates

Le groupe OCP mobilise 90 MDH pour un fonds de recherche & développement. En plus du fonds, le groupe ouvrira un grand centre de R&D et une station pilote à  Jorf Lasfar ainsi qu’un laboratoire à  Safi.

Optimiser les bénéfices de l’exploitation des phosphates passera inéluctablement par des efforts en recherche et développement. C’est le message principal qu’ont tenté de faire passer les différents participants aux premières assises de la recherche et développement dans les phosphates organisé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Pour réussir ce challenge, l’OCP semble avoir conscience de son rôle à jouer. Il compte ainsi mettre la main à la poche pour mobiliser 90 MDH en faveur d’un fonds dédié au financement des chercheurs.

L’Etat devrait également être engagé dans ce projet à travers la mobilisation de ses structures de recherche, des moyens du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), et l’allocation de bourses pour les doctorants méritants engagés dans le cadre des projets retenus. Cet outil de financement devrait venir compléter les différents accords signés par l’OCP en matière de R&D, les accords de partenariat signés avec Mascir et l’Iresen.
Cet engagement de l’OCP dans ce domaine n’est pas fortuit. Avec les plus importantes réserves de phosphates dans le monde, le Maroc a une carte à jouer en augmentant la valeur ajoutée. Ceci passe par un soutien de la recherche et développement dans ce secteur. Ce n’est qu’ainsi que le Royaume pourra élargir ses parts de marché sur l’échiquier international. Pour rappel, le Maroc détient 30% du marché mondial à l’export des phosphates et au moins 50% des réserves mondiales. L’objectif est de porter, à court terme, cette part de marché à 40%. A cet égard, la stratégie inclut, en plus de la contribution au fonds précité, la mise en place d’un grand centre de recherches et d’une station pilote à Jorf Lasfar, d’un laboratoire à Safi et d’autres centres R&D à Khouribga, Benguerir et Youssoufia. Il s’agira également, selon Mustapha Terrab, PDG du groupe, d’augmenter les capacités de production du Maroc à  la mesure des réserves disponibles. 

L’ensemble de  ces initiatives devrait permettre au Maroc d’atteindre l’objectif que se fixe actuellement le ministère de tutelle, qui espère que 50% des brevets produits par le Royaume à l’horizon 2030 soient relatifs au secteur des phosphates.

Parmi les principales recommandations faites lors de ces assises figurent le renforcement des moyens des plates-formes technologiques à travers l’acquisition d’équipements, l’introduction de l’ensei  gnement sur le phosphate au niveau des cursus universitaires et la création d’un prix de recherche en phosphates.