L’Etat met fin à  l’activité du Fortex

Le fonds a été étouffé par la surliquidité qui a prévalu sur le marché entre 2003 et 2007 et l’inefficience du circuit de traitement des dossiers.
A 5 %, le coût du financement était pourtant compétitif.

Après six années d’une existence peu concluante, le fonds de restructuration des entreprises de textile (Fortex) cessera bientôt d’exister. Selon des sources bien informées, l’Etat à travers le Fonds Hassan II, qui avait doté ce fonds de financement à hauteur de 100 MDH, s’apprête à signer dans les jours qui viennent une convention de résiliation avec les deux gestionnaires de ce véhicule que sont la Caisse Centrale de Garantie (CCG) et Dar Ad-Damane.
Cette décision a été motivée par le manque d’engouement suscité auprès des  opérateurs du secteur textile et habillement auxquels cet instrument devait apporter une solution opportune face à l’abolition des accords multifibres et l’invasion du textile chinois. Il semblerait que le peu d’empressement des banques commerciales partenaires à jouer le jeu (phase de surliquidité de 2003 à 2007), l’inefficience des circuits de traitement des dossiers entre les différents intervenants, voire le manque d’imagination des opérateurs (nécessité de présenter un programme de restructuration globale visant l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise), aient balayé les retombées théoriques des conditions avantageuses du mécanisme. Celles-ci consistaient en un différé de remboursement pouvant atteindre deux ans et un taux préférentiel de 2 % remboursable sur 10 ans qui, combiné au taux bancaire normal avec des quotités respectives maximales de 30 % et 50 % du programme d’investissement, devaient permettre aux sociétés éligibles de bénéficier d’un taux de sortie global assez bas (moins de 5% en général). Pourtant, Fortex ne compte à ce jour qu’une poignée d’interventions et quelques rares success story telles Palm Lingerie, société exportatrice de lingerie basée à Marrakech.

Quatre nouveaux produits à la CCG
De manière générale, le dispositif de financement et de garantie mis en place par l’Etat pour pallier certaines inefficiences ou inhibitions du circuit privé de financement est en cours de refonte à la lumière aussi bien du plan d’urgence concernant les secteurs touchés par la crise (www.lavieeco.com) que du Pacte pour l’industrie signé récemment entre l’Etat et le secteur privé. C’est ainsi que la CCG s’apprête à lancer quatre nouveaux produits censés apporter un accompagnement plus complet pour les entreprises depuis le cycle de la création jusqu’à la modernisation de l’entreprise en passant par la consolidation. Il s’agit de Damane Dev, Damane exportation, Damane Istimrar et Damane capital risque. Sont également promis un nouveau système d’indemnisation, une simplification des dossiers de demande de la garantie et une réduction des délais de traitement des dossiers.