L’état des cultures est jugé bon en dépit d’un déficit pluviométrique

Les précipitations ont été bien réparties dans l’espace et dans le temps

4,1 millions d’ha ont été semés.

Même si les dernières pluies datent déjà  d’une dizaine de jours, on peut dire que la campagne agricole se déroule normalement. Au 26 décembre, le cumul pluviométrique moyen national s’établissait à  124 mm, en baisse de 17 % par rapport à  la même période d’une année normale (moyenne sur 30 ans). Toutefois, les précipitations ont été généralisées et bien réparties dans l’espace. La superficie totale semée est de 4,1 millions d’hectares, presque au même niveau que la campagne précédente. Actuellement, on en est au stade du tallage pour les emblavements les plus précoces et au tout début pour le reste. L’état des cultures est jugé bon pour l’ensemble des régions de production. L’apport des engrais de couverture et le désherbage chimique sont entamés ou en voie de l’être. Selon Abdelilah El Amile, producteur de la région de Ouled Ziane (Chaouia), les mauvaises herbes dépassent les blés dans de nombreuses parcelles précoces parce qu’une succession de périodes de basses températures et de précipitations ont empêché l’accès aux champs pour les traitements. Les agriculteurs estiment élevé le prix des engrais Il est à  signaler que les herbicides sont globalement peu utilisés au Maroc. Les ventes totales n’atteignent que 2 000 t toutes cultures confondues, alors que les besoins, pour les céréales uniquement, peuvent être estimés à  plus de 5 000 t en année normale- 5 millions d’hectares cultivés environ. La semence sélectionnée est un autre intrant qui continue à  être boudé par les producteurs, malgré les avantages indéniables qu’elle apporte. En effet, la Sonacos (Société nationale de commercialisation des semences) n’en a vendu que 692 000 quintaux alors qu’on peut estimer les besoins pour 4,1 millions d’hectares emblavés entre 6 et 7 millions de quintaux. Les prix et le déficit d’informations sont considérés comme les principales causes de cette situation. Les engrais ne sont pas mieux lotis puisque seulement 352 000 t ont été vendues, soit une baisse de 8 % par rapport à  la campagne précédente et de 12 % par rapport à  la moyenne des 5 dernières campagnes. On peut estimer, sans risque de se tromper, que ce chiffre est inférieur à  2 % des besoins pour les 4,1 millions d’hectares emblavés. Les producteurs se plaignent des prix des engrais – surtout les engrais azotés de couverture – qui sont constamment sujets aux spéculations «sans que les pouvoirs publics ne réagissent». A l’évidence, même avec un bon niveau de précipitations, la productivité sera toujours en deçà  du potentiel, eu égard à  la sous-utilisation des intrants