L’Etat au secours des producteurs

Le plan d’aide comprend l’arrêt des poursuites contre les agriculteurs
sinistrés, des prêts pour la remise en état des exploitations
et la suppression des droits de douane sur certains matériels.

L’appel à l’aide lancé par les agriculteurs affectés par la vague de froid semble trouver un écho favorable auprès des pouvoirs publics. Interpellé cette semaine par un député de la deuxième Chambre, Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, assure que son département étudie avec les professionnels les mesures à prendre.
Après la lettre adressée par une douzaine d’associations professionnelles agricoles au ministre de l’Agriculture, le 10 mars dernier, ce dernier les a reçus le 1er avril. A l’issue de cette réunion, une commission présidée par le SG du ministère a été chargée d’examiner les moyens pratiques à mettre en œuvre pour soulager les producteurs sinistrés. Selon Ahmed Darrab, SG de l’ASPAM (Association des producteurs d’agrumes du Maroc), les mesures proposées par les professionnels et retenues par le ministère concernent en particulier trois points.
Il y a d’abord la mise en place d’un plan de sauvetage financier des agriculteurs sinistrés. Ce plan comprend l’arrêt immédiat de toutes les poursuites engagées contre les agriculteurs affectés, la suppression des intérêts, agios et autres frais financiers liés aux prêts contractés par les agriculteurs sinistrés et la mise à disposition de ces derniers de crédits à taux d’intérêt préférentiels pour le financement de la remise en l’état des exploitations et plantations endommagées. Le deuxième point concerne la création avec les professionnels d’un système d’assurance agricole adéquat contre les calamités naturelles. En troisième lieu, il est prévu la mise en place d’un système d’alerte météorologique permettant aux agriculteurs d’être avisés à l’avance de l’arrivée de catastrophes naturelles.

Des textes législatifs permettront d’organiser juridiquement les interprofessions agricoles
Et à propos de prévention, un projet est en cours visant la suppression des droits de douane sur l’importation par les producteurs de matériels de prévention ou de lutte contre certaines calamités naturelles, notamment les fusées anti-grêle et les systèmes de chaufferie.
A toute chose malheur est bon, la mauvaise passe que traverse l’agriculture a fait naître l’idée, chez les pouvoirs publics comme chez les professionnels, d’organiser juridiquement les interprofessions agricoles et les textes législatifs y afférents sont en préparation, nous assure-t-on. L’Etat ne pouvant indéfiniment venir en aide aux producteurs, qui plus est dans un contexte où la libéralisation gagne chaque jour du terrain, c’est cette organisation qui servira, à l’avenir, de cadre pour entreprendre des actions en faveur de chaque filière : création de fonds de soutien en cas de calamités naturelles, promotion des exportations sur les marchés extérieurs, développement de la recherche… «Nous aurions pu gérer plus sereinement les difficultés si nous avions un cadre d’organisation comme les interprofessions», confie un producteur. «Il faut savoir, ajoute ce dernier, que le malaise et les difficultés que vivent les producteurs sont beaucoup plus importants que ne le laisse voir le niveau des exportations».
Si les exportations, d’agrumes notamment, ont augmenté de 18% par rapport à la campagne précédente, cette hausse, expliquent-ils, provient de certaines variétés qui ont été exportées bien avant la vague de froid .