Lesieur se lance dans la charcuterie

Avec Banchereau SAS, elle crée un joint-venture dans la technopole de Nouaceur.
30 MDH seront investis dans l’affaire.

Après avoir servi à leurs actionnaires des dividendes exceptionnels grâce à une trésorerie excédentaire en 2004, les filiales de l’ONA opérant dans l’agroalimentaire se diversifient pour mieux rentabiliser le cash disponible.
Ainsi, Lesieur Cristal, qui a récemment pris 34 % de la société tunisienne Raffinerie Africaine, s’engage dans le secteur de la charcuterie. En partenariat avec Banchereau SAS, une société française qui réalise 38 millions d’euros (420 MDH) dans le domaine, elle vient de créer un joint-venture dénommé Banchereau Maroc doté d’un capital de 18,2 MDH. L’unité de production sera installée dans la technopole de Nouaceur, sur une superficie de 10 000 m2. L’investissement initial est de l’ordre de 30 MDH et permettra la création de 50 emplois au démarrage.

Synergie avec le circuit de distribution du groupe Ona
Pour le moment, Lesieur Maroc ne souhaite pas communiquer sur le dossier. Néanmoins, l’on sait que le Conseil de surveillance de Banchereau Maroc sera présidé par Ahmed Rahou, PDG de Lesieur et le directoire par Richard Levesque, de la société française. Notons qu’avec ce partenariat, cette dernière concrétise sa deuxième tentative de prendre pied dans le pays. Banchereau SAS avait en effet soumissionné pour la gestion déléguée des nouveaux abattoirs de Casablanca, mais la communauté urbaine lui avait préféré l’Espagnol VGBM (Vizcaino Gypisa Bejar Maroc).
Apparemment, ce second choix est plus que judicieux. Le marché de la transformation de la viande connaît une forte croissance due à un changement profond des habitudes culinaires.
Certes, Banchereau Maroc aura à faire face à de grosses PME très dynamiques telles SAPAK (connue par sa marque Koutoubia) ou Eldin (marque Dindy), qui ont réalisé en 2003 des chiffres d’affaires en forte croissance par rapport à 2002, respectivement de 172 MDH (+70 %) et de 66,4 MDH (42 %). Mais l’adossement à un groupe de premier ordre lui permettra de profiter d’un circuit de distribution assurant une large couverture du territoire, en l’occurrence la chaîne Marjane, sans compter, bien sûr, les autres grandes enseignes, chez lesquelles elle n’aura pas de mal à se faire référencer. L’expérience de l’actionnaire français sera un autre atout déterminant en termes de produits et de qualité .

Banchereau affrontera des PME dynamiques comme Sapak, connue par sa marque Koutoubia (photo), ou Eldin (Dindy).