Les voyagistes réclament une baisse des impôts sur l’activité export

Ils veulent bénéficier d’un abattement de 50 % sur l’IS et de l’exonération de la TVA.

La Fédération nationale des agences de voyages (FNAV) est décidée, cette année, à faire inscrire dans le projet de Loi de finances 2005 deux vieilles revendications, dans le but de réparer une injustice dont les voyagistes s’estiment victimes. Il s’agit de l’abattement de 50% de l’IS (Impôt sur les sociétés) sur la part du bénéfice réalisée sur le chiffre d’affaires en devises rapatrié au Maroc, et l’exonération de la TVA sur les prestations des agences à l’export.
Sur le premier point, il faut savoir que la mesure d’abattement sur l’IS de 50 % est accordée depuis longtemps aux hôteliers. D’ailleurs, ce sont les agences de voyages qui fournissent aux hôteliers chaque année les attestations justificatives pour qu’ils puissent bénéficier de cet avantage. «C’est l’agent de voyages qui démarche et ramène les touristes au Maroc, c’est lui qui achète les chambres d’hôtels et les autres prestations, et lui enfin qui paie les hôteliers, en dirhams, pour les prestations qu’ils ont fournies, une fois qu’il a été lui-même payé par ses partenaires étrangers», explique Fouzi Zemrani, président de la FNAV.

Le comité stratégique du tourisme soutient la revendication

En somme, c’est l’agent de voyages réceptif qui est à l’origine de ces rentrées de devises. Pourquoi ne bénéficie-t-il pas de cet avantage ? «C’est une anomalie que nous avons exposée au ministre du Tourisme, lors de la dernière réunion du CST (Comité stratégique du tourisme), lequel a exprimé son soutien à notre revendication. La question est inscrite à l’ordre du jour du prochain CST, le 15 juin prochain», indique M. Zemrani.
Reste à convaincre le ministère des Finances de la justesse de cette revendication, ce qui ne sera pas difficile car les agences réceptives marocaines ne sont pas nombreuses. En revanche, pour le deuxième point, l’exonération de la TVA (20%) sur le voyage à l’export, les agences concernées sont légion. Il y a celles qui vendent des packages (billet d’avion, hôtel, etc.) à l’étranger et plus de 170 agences qui commercialisent chaque année le Hajj et la Omra.
Dans tous les pays de la région, les produits et les services destinés à l’export sont exonérés de la TVA, et les agences de voyages ne font rien d’autre que vendre un service, un savoir-faire sur lequel elles encaissent une commission. «Pourquoi donc payer la TVA sur cette commission», s’interroge Fouzi Zemrani.
Pour lui, il faudrait encourager la profession de voyagiste et la stimuler pour le bienfait du secteur touristique, ceci d’autant que le passage par l’agence commence à entrer dans les mœurs des nationaux