Les voitures de luxe se vendent très bien depuis janvier !

De Mercedes à  Porsche, en passant par BMW et Jeep, plusieurs opérateurs ont réalisé des ventes en hausse de 50% au moins n Beaucoup d’acheteurs préfèrent payer un peu plus pour une marque dont l’image de luxe est avérée.

Le marché des voitures premium a pris à contre-pied toutes les prévisions en ce début d’année. A fin mars, la majorité des opérateurs qui y évoluent ont réalisé des ventes en nette augmentation par rapport à la même période de 2013. En détail, Mercedes a cédé 500 unités contre 328 un an auparavant, soit une hausse de 52,4%. BMW a réalisé le même volume que son concurrent, en doublant ses ventes. Audi n’est pas en reste. Elle compte à son actif quelque 445 ventes contre pas plus de 298 au premier trimestre 2013. Plus agressive, Jeep a réussi une belle percée avec 220 véhicules contre 93 une année plus tôt, soit une hausse de plus de 136%.

Porsche est sur la même lancée. Elle a commercialisé 33 unités contre 9 un an auparavant.

Globalement, le marché du premium a signé une croissance de 30% au premier trimestre. «Il s’agit d’une réelle reprise des transactions et non une simple concrétisation des commandes faites fin 2014», précise Loic Roix, Dg de Porsche Maroc. Il souligne à cet effet que le carnet de commandes de l’année en cours a atteint des niveaux élevés, uniquement grâce à des commandes passées en 2015.

Pour expliquer cette très bonne orientation des ventes, les concessionnaires du luxe évoquent en premier lieu, et à l’unanimité, une amélioration de la conjoncture économique globale, avec notamment une bonne campagne agricole en perspective, un regain de dynamisme dans plusieurs secteurs et une baisse du prix du baril. «Dans ce contexte, le moral des ménages se rétablit, ce qui pousse à concrétiser les intentions d’achat», explique le directeur commercial d’un distributeur.

En deuxième lieu, le segment tire profit d’un réflexe qui s’installe de plus en plus chez les consommateurs. En effet, les acheteurs préfèrent dorénavant payer un peu plus et rouler à bord d’une voiture dont l’image de luxe est avérée, quitte à ce qu’elle soit d’entrée de gamme, au lieu de se contenter d’une marque généraliste. Cette explication est corroborée par les chiffres de l’Aivam à fin mars. Par exemple, les ventes de Volkswagen sont en retrait de 13% et celles de  Toyota de 22%.  

Dans le même sens, la facilité d’accès au financement a également contribué à la bonne forme qu’affiche le segment. «L’achat à crédit, facilité par des taux intéressants obtenus grâce aux conventions, est de plus en plus courant», explique M. Roix qui ajoute que 2015 n’est pas une année salon. Ce qui veut dire que les intentions d’achats sont concrétisées aussitôt formulées.

Les opérateurs tablent sur une croissance de 15 à 20% en 2015

Il faut aussi dire que les concessionnaires se sont donné les moyens de réussir cette ascension fulgurante dans un contexte fiscal peu favorable. A ce titre, les professionnels affirment que les efforts d’amélioration continue du service (vente et après-vente), en plus de l’accent particulier mis sur la communication à travers les différents supports, ont été payants. Dans le même registre, les constructeurs ont aussi aidé les concessionnaires du premium à s’adapter à la nouvelle taxe sur les voitures de luxe en concédant des réductions intéressantes pour supporter en partie les baisses de prix sans tailler dans les marges des distributeurs.

Cela dit, si tous les opérateurs s’en sortent bien, il existe des modèles luxueux qui ont plus la cote que d’autres en ce début d’année. Ainsi, chez Mercedes -en retenant les véhicules et finitions de plus de 400000 DH-, la classe C semble avoir les faveurs des clients de la marque avec 103 immatriculations, suivie du 4×4 urbain GLA (83 unités), de la classe CLA (63), de la routière classe E (51) et l’autre 4×4 de la marque, la classe M qui a compté 20 transactions. Pour le luxe supérieur de la marque, la classe S, dont le prix commence à 1,1 MDH, a trouvé quatre preneurs en trois mois.

Du côté de BMW, la série 5, la série 4 grand coupé et la X3 trônent avec des ventes respectivement de 91, 82, et 75 pour chacun des trois modèles.

Pour Jeep, les réalisations ont été dopées en grande partie grâce au Wrangler qui a compté 117 unités, notamment grâce à la finition Sahara (à partir de 465 000 DH). De même, 57 unités du Grand Cherokee ont trouvé preneur ainsi que 37 du Cherokee.

Par ailleurs, les clients d’Audi ont plébiscité le SUV urbain Q5 (à partir de 419000DH) qui a réalisé 114 ventes, suivi du A6 C7 avec 60 immatriculations, de l’Audi Q3 (47) et de l’Audi A4 (46).

Positionné sur le luxe de pointe, Porsche a percé grâce aux réalisations de son nouveau-né Macan qui a totalisé 20 ventes (à partir de 749000 DH), alors que 11 transactions ont été enregistrées sur l’indétrônable Cayenne.

Au volet des perspectives, les opérateurs du premium estiment à l’unanimité que l’année est entamée sous de très bons auspices et tablent sur une croissance du segment de 15 à 20% contre 5 à 6% pour tout le marché automobile.