Les ventes d’ordinateurs reculent de 3,5% au premier semestre

Les ventes d’ordinateurs fixes en augmentation, les portables en baisse.
Les mini portables se vendent moins bien que prévu.
Les distributeurs espèrent redresser la barre durant ce second semestre.

Au premier semestre 2009, les ventes de matériels informatiques tous ordinateurs confondus ont fléchi de près de 3,5% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce chiffre est cependant loin d’être catastrophique vu la conjoncture actuelle, et tous les segments ne sont pas logés à la même enseigne. En effet, d’après les chiffres fournis par le cabinet spécialisé IDC, les importations d’ordinateurs fixes ont augmenté de 12%, à 91 163 unités. La crise est donc plutôt ressentie sur les importations de laptops (portables) et de netbooks (mini portables) qui accusent des baisses respectives de -18% et -7,5%, à 67 515 et 9 641 unités. Notons à cet égard que l’évolution des importations correspond à peu près à celle des ventes. La part  du montage local, réalisé essentiellement par DBM Maroc (Accent) dont nous n’avons pas pu joindre le Dg malgré plusieurs tentatives, est encore relativement faible.
Bien que le marché informatique soit naturellement régi par des «cycles d’achat», il y a des explications concrètes à ces taux de croissance différenciés. Si les ordinateurs fixes rencontrent toujours une croissance positive, c’est principalement grâce aux sociétés publiques et privées qui s’appuient sur des budgets conséquents pour augmenter leur parc informatique. Pour les laptops et netbooks, les ventes sont tirées vers le bas pour des raisons principalement conjoncturelles. La peur de la crise, l’attente de meilleures offres, la rentrée des classes…, sont autant de raisons qui poussent le consommateur à différer ses achats.

Diversification pour maintenir l’activité
Pourtant, certains distributeurs de matériel informatique ne semblent pas s’inquiéter. Même avec peu de visibilité, ils affirment ne pas connaître de réel ralentissement au premier semestre 2009.
Chez Matel Pc Market, un des premiers distributeurs de matériel informatique de la région Maghreb, on indique que l’activité s’est maintenue, encouragée notamment par des choix stratégiques comme le repositionnement à l’international marqué par l’ouverture de Matel PC Market Tunisie depuis fin 2008, et de nouvelles cartes. La société ne fournit pas de chiffres sur l’évolution des ventes de matériel, mais annonce que sa stratégie lui a permis de réaliser un résultat net au premier semestre 2009 en augmentation de 41% par rapport au premier semestre 2008, à 27 MDH.
Même constat chez Surcou Informatique qui affirme «profiter de la crise» grâce notamment au déstockage dans les pays en crise comme l’Espagne où la société marocaine achète des PC jusqu’à moins 50% de leur prix initial. Cette société affirme avoir écoulé 8 000 ordinateurs portables au premier semestre 2009. En gros, ses ventes ont progressé de 35% par rapport à 2008. A l’instar de Matel Pc Market, Surcou souligne également que la diversification des activités permet de mieux surmonter les difficultés. En effet, cet établissement est non seulement distributeur et grossiste sur le marché local mais aussi exportateur vers le reste de l’Afrique.
Chez Top Computer, autre grand distributeur de la place, on est un peu moins enthousiaste. Mohamed Chraïbi, un responsable de marque, avoue que l’arrêt du projet Nafida, dédié à l’équipement des enseignants, arrivé à échéance après 150 000 abonnements internet et 50 000 ordinateurs portables achetés, s’est nettement fait ressentir. Même si d’autres opérations sont en cours, notamment pour l’équipement de près de 3 000 directeurs d’établissements scolaires, la crise s’est fait ressentir en termes de ventes, surtout pour la période mai-juin, explique-t-il, en substance.

Le potentiel du marché reste élevé
Pour le second semestre, IDC prévoit une nette embellie pour les ventes d’ordinateurs portables. Embellie qui reposerait notamment sur de nouvelles offres toujours plus compétitives des constructeurs et le choix des particuliers d’investir dans un ordinateur portable plutôt que dans un fixe, même pour un premier achat. Quant aux netbooks, ils n’ont pas encore rencontré l’intérêt escompté, malgré les offres des opérateurs télécoms qui ont entraîné de belles ventes en 2008. Selon IDC, les importations ne reprendront qu’en 2010.  
Le combat laptop/netbook semble donc largement tourner à l’avantage du premier qui offre plus de puissance  pour un rapport qualité/prix de plus en plus compétitif. Quelle que soit l’issue de ce combat, le Maroc a déjà remporté son pari de la convergence entre mobilité et informatique. Pour le reste, distributeurs et revendeurs ne lésinent pas sur les efforts en matière de promotion (crédit gratuit et de campagnes de communication d’envergure avec e-mailing, SMS, flyers…) pour convaincre les clients. Dans ce contexte difficile, ces actions peuvent être décisives. Mais le marché informatique est donc loin d’être saturé dans un Maroc en pleine révolution technologique.