Les ventes d’essence en baisse et celles du gasoil en petite hausse à  fin novembre

Les produits pétroliers tous types confondus ont reculé de 1.32% durant les onze premiers mois de l’année. Le fioul et le carburant aviation accusent une forte baisse respective de 8.3% et 6.7%. Le ralentissement économique a fortement impacté les performances du secteur.

Le ralentissement économique au cours de l’année 2012 a fortement impacté les ventes des produits pétroliers ; du moins tel que cela ressort des derniers chiffres du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Les données des onze premiers mois de l’année montrent en effet que les ventes de produits pétroliers, hors GPL (gaz de pétrole liquéfié, c’est-à-dire le butane et le propane) ont baissé de 1,32%. Et cette baisse touche à peu près l’ensemble des groupes de produits : -8,3% pour le fioul, -6,73% pour le carburant aviation et -3,86% pour les lubrifiants. Seuls les produits blancs (essence et gasoil) ont enregistré une petite croissance (+1,05%) qui s’apparente presque à une stagnation, compte tenu du taux de progression de l’année dernière. Ce ralentissement intervient, notons-le, dans une année 2012 marquée par le relèvement des prix à la pompe de 1 DH pour le gasoil et de 2 DH pour l’essence suite à l’abaissement du niveau de la subvention de l’Etat relative à ces produits.

Dans le détail, la baisse des ventes de 3,86% des lubrifiants n’est pas liée, selon les professionnels, à une chute de la consommation, mais surtout à la prolifération du marché noir, notamment sur la filière des huiles moteurs. Cela porte préjudice, soulignent-ils, à la fois aux utilisateurs de ces produits et au secteur organisé.

Le fort repli du fioul, par contre, résulterait des difficultés conjoncturelles que traversent les industries utilisatrices. A moins que ce ne soit lié également à la cherté du produit, en dépit du fort soutien que l’Etat lui accorde. D’ailleurs, même les quantités de fioul utilisées par l’ONE pour produire de l’électricité, pourtant encore plus fortement subventionné, n’ont connu, sur les dix premiers mois de l’année, aucune variation par rapport à la même période de 2011, laquelle avait enregistré un accroissement des ventes de fioul de 10,1% par rapport à 2010.

En revanche, la baisse des ventes du carburant aviation (-6,73%) s’explique aisément : elle résulterait des contre-performances du secteur touristique, duquel dépend en grande partie le transport aérien. A fin novembre 2011, et en dépit de la crise qui sévissait dans le secteur touristique, la consommation du carburant aviation avait augmenté de 2,2% par rapport à la même période de 2010. Il y a donc une aggravation de la crise, comme en témoigne d’ailleurs la baisse des recettes de voyages.

3,87 millions de tonnes de gasoil consommées

S’agissant des produits blancs, la situation diffère d’un produit à un autre. Ainsi, les quantités de l’essence sans plomb vendues sur les onze premiers mois de 2012 ont accusé une légère baisse (-0,38%), alors qu’à la même période de 2011, elles avaient augmenté de 2,2% par rapport à 2010. La commercialisation du gasoil de pêche, par contre, a très fortement chuté : -31,54%. Les ventes du gasoil 50 PPM n’ont, elles, augmenté que de 2,15% sur les premiers onze mois de 2012. Cette hausse modeste semble néanmoins appréciable si l’on tient compte du fait que les volumes en question sont élevés (3,87 millions de tonnes métriques), comparativement, par exemple, à l’essence sans plomb (473 465  TM) ; la forte “diésélisation” du parc auto marocain y étant évidemment un élément favorable.

Il faut cependant préciser qu’en 2011, sur les onze premiers mois de l’année, les ventes de gasoil avaient crû à un rythme plus élevé : +6,3%. Par rapport à cela, il y a donc un ralentissement du rythme de croissance des ventes du gasoil. Du coup, surgit la question de savoir si, au-delà de la conjoncture, les hausses de prix, ou plutôt la baisse du niveau des subventions accordées à ces produits, n’a pas été, peu ou prou, le facteur qui a généré ce repli des ventes des produits blancs…