Les ventes de véhicules utilitaires légers devraient repartir à la hausse en 2018

Les parcs constitués il y a quelques années seront totalement amortis. Le potentiel des demandes de premier équipement sera libéré avec l’amélioration de la conjoncture économique.

Contrairement aux voitures de tourisme dont les ventes explosent, le segment du véhicule utilitaire léger est toujours sinistré. D’après les derniers chiffres de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), les immatriculations de VUL ont atteint 8642 à fin octobre 2016 contre 8 978 une année auparavant, soit une baisse de 3,47%. Mais avec ce volume, il faut dire que le segment, enfoncé dans la crise depuis 2013, a nettement réduit sa contre-performance. A fin juin, l’activité affichait environ 20% de baisse.

Selon les principaux opérateurs du secteur, les ventes continuent de pâtir en grande partie du ralentissement économique et du manque de visibilité des entreprises qui n’investissent que très peu dans leur parc, que ce soit pour le renouvellement ou l’extension. Sachant que cette cible, qui génère le gros de la demande du VUL, a massivement investi il y a quelques années. «La durée de détention des véhicules étant assez longue, atteignant 8 à 10 ans, l’on peut s’attendre à une réelle reprise à partir de 2018», analyse un opérateur. De plus, selon lui, il existe du potentiel chez plusieurs entreprises non équipées et qui devraient concrétiser leur premier achat avec l’amélioration de la conjoncture.

D’autres concessionnaires rapportent que les solutions sur mesure de gestion de flotte, notamment la LLD, commencent à prendre chez les petites structures qui préfèrent confier la gestion de leur parc à un professionnel au lieu d’acquérir des véhicules utilitaires en propre.   

Très dépendant du transport de marchandises, le segment est aussi impacté par la demande émanant des commerçants et des artisans qui, elle aussi, accuse le coup. De plus, «la mauvaise campagne agricole a eu un impact très visible sur les transactions chez les concessionnaires», relève un opérateur qui informe que les agriculteurs dynamisent habituellement le marché.

Le fourgon se vend dorénavant mieux que le pick-up

En dehors de ces facteurs conjoncturels, la hausse des prix des pick-up amorcée depuis 2014 explique en partie la baisse de l’activité. «Pour un véhicule qui se vendait à 130000 DH, aujourd’hui il faut débourser pas moins de 180 000DH», informe un directeur commercial d’une concession de la place. Il explique que les nouvelles normes techniques, aujourd’hui équipant la majorité du parc neuf, ont obligé les distributeurs à revoir substantiellement leurs prix à la hausse. Dans ce contexte, plusieurs acheteurs s’orientent vers le fourgon (VAN) qui concentre dorénavant plus de ventes que le pick-up, comme l’attestent les chiffres. A fin octobre, sur le total des ventes, 3980 véhicules sont des vans, soit 46% contre 3050 pick-up. Le reste étant constitué de minibus (1 450 unités).