Les ventes de produits pétroliers en nette hausse à  fin 2013

Le gasoil a progressé de 3,51% et le fuel de 3 à  5%. L’essence a enregistré une baisse des ventes, mais il ne représente que 15% du marché n Cette tendance favorable devrait se poursuivre cette année.

Plus de peur que de mal finalement pour les pétroliers marocains. L’année 2013, qui a démarré difficilement pour le secteur, a été clôturée sur une note positive. C’est ce qui ressort des statistiques du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) relatives aux ventes de l’exercice écoulé, que La Vie éco livre en avant-première. En effet, à l’exception des ventes de l’essence, celles de tous les autres produits ont progressé.
De prime abord, ce sont les chiffres de fuel qui attirent le plus l’attention. Les ventes se sont accrues de 50%, passant de 1 à 1,5 million de tonnes. L’activité économique du pays a-t-elle été aussi bonne pour faire rebondir à ce point les ventes de ce carburant ? A en croire le président du GPM, Adil Ziady, cette performance est à relativiser. «Ce taux de croissance important est tout simplement dû au mode de calcul», explique-t-il. En fait, les données de 2012, servant de base pour calculer l’évolution de 2013, ne tiennent pas compte de l’ensemble des compagnies du secteur. Cette année, avec l’introduction d’une nouvelle société dans ces statistiques, le taux a littéralement explosé. «A base comparable, l’évolution serait de 3% à 5%» , ajoute Adil Ziady.
Au-delà du fuel, les ventes de gasoil se sont également bien comportées. Après avoir été impacté par le ralentissement des activités de transport en début d’année, ce produit a retrouvé sa tendance haussière à partir du deuxième semestre, pour clôturer l’année en hausse de 3,51%. Au total, plus de 4,35 millions de tonnes ont été vendues par l’ensemble des stations services du pays.
Seuls les ventes du super (et légèrement celles du gasoil de pêche) ont accusé le coup en 2013. Bien entendu, les dernières hausses de leurs prix à la pompe (25% pour l’essence depuis juin 2012) ont poussé nombre d’automobilistes à préférer les véhicules à motorisation diesel, ce qui s’est répercuté sur les ventes de ce produit. Toutefois, l’impact de cette baisse sur l’ensemble du secteur est à relativiser. «L’essence ne représente que 15%, au plus, des ventes de produits pétroliers», rappelle-t-on auprès de l’association professionnelle. De plus, si l’on en croit les opérateurs, la tendance baissière des ventes de l’essence n’est pas nouvelle, puisqu’elle est observée depuis une dizaine d’années déjà.
Quoi qu’il en soit, la donne n’est pas prête de changer en 2014 surtout avec la décompensation totale du prix de l’essence qui devrait intervenir à partir du 16 février. Seuls le gasoil et le fuel devront ainsi porter l’activité des pétroliers. Le premier, bien que sujet également à une décompensation progressive, continuera à jouir de son caractère stratégique pour l’économie nationale. De même, en renonçant à l’acquisition de véhicules à motorisation essence, les Marocains se tourneront logiquement vers le diesel, ce qui est de nature à conforter la consommation du gasoil. Pour le cas du fuel, là encore, la décompensation ne risque pas trop de bouleverser la donne. Mieux, les professionnels s’attendent à une nette hausse de leurs ventes sur ce segment. En cause, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) devrait accroître sa consommation de fuel, comparativement à 2013 où elle avait nettement baissé. Selon les données du ministère de l’énergie, la consommation de fuel pour la production d’électricité a régressé de 24% sur les onze premiers mois de 2013 en comparaison avec la même période de 2012. Un recours plus important de l’office à l’énergie de source hydraulique qui a augmenté de 86% en est la principale explication. Il lui a permis de réaliser de nettes économies au niveau de sa consommation de fuel. Un retour à la normale en 2014 devrait donc améliorer sensiblement les statistiques des ventes du secteur.

La décompensation salutaire pour les opérateurs

Au-delà de l’impact sur les ventes de l’essence, la décompensation décidée par l’Exécutif devrait également avoir des effets positifs sur les pétroliers marocains à partir de 2014. Le premier concerne leurs indicateurs d’activité. Avec la hausse des prix à la pompe, le chiffre d’affaires des différents opérateurs du secteur devrait logiquement grimper. Certes, cela est loin d’impacter les marges, ces dernières étant réglementées. Néanmoins, les flux qui en découleront seront d’un grand soulagement pour leur trésorerie. Ceci est également le cas de la réduction, voire l’annulation des subventions, et qui se traduira par des arriérés de compensation moins importants. A fin 2013 par exemple, leur montant se situait à 5,3 milliards de DH, selon les statistiques de la Caisse de compensation. Ce volet avait, pour rappel, longtemps été décrié par les opérateurs, l’Etat tardant souvent à les rembourser, ce qui causait des problèmes de trésorerie. A partir de cette année, ce ne sera plus le cas