Les ventes de carburants en chute libre : -16.5% au premier trimestre

La crise qui sévit dans certains secteurs est une des causes de la mévente. Difficile d’entrevoir un redressement de l’activité tant que l’incertitude économique perdure.

L’année 2013 est loin d’être un exercice de tout repos pour le secteur pétrolier marocain. Les distributeurs connaissent depuis le début de l’année un niveau d’activité très réduit, une première depuis plusieurs années. D’après les statistiques du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), les ventes de produits pétroliers ont en effet nettement fléchi : -16,76% durant le premier trimestre comparativement aux trois premiers mois de 2012. Cette baisse semble s’accentuer au fil des mois. Ainsi, après -17,07% en janvier et -12,56% en février, les ventes ont chuté de 20,27% en mars par rapport au même mois de 2012. Et, à ce jour, il n’y a aucune visibilité sur un quelconque redressement de l’activité durant les prochains mois.

Ce sont quasiment toutes les catégories de produits qui sont en mévente, à commencer par l’essence (super sans plomb) avec un fléchissement de 13,63%. Du côté du gasoil, la baisse est certes moins prononcée (-7,61%), mais tout aussi significative vu le volume consommé et qui représente au Maroc jusqu’à 10 fois la consommation du super sans plomb. En revanche, le volume de fuel est en hausse de 38,66%.

L’amplification de la contrebande dans l’Oriental complique la situation

Selon Adil Ziady, président du GPM, «cette situation s’explique en grande partie par la conjoncture économique difficile». Il faut dire que différents secteurs de l’économie comme le transport, principal client des pétroliers, connaissent un exercice 2013 difficile. Le GPM tire la sonnette d’alarme et prévient de la situation critique que vivent actuellement certains opérateurs. «Beaucoup ont engagé dernièrement des programmes d’investissement d’envergure. Aujourd’hui, il est difficile de maintenir le rythme tant que l’activité ne reprend pas», ajoute le président du groupement. De plus, les sociétés s’inquiètent des répercussions que pareil contexte pourrait avoir sur l’emploi, sachant que le secteur reste un employeur de premier plan avec les milliers de stations services implantées partout dans le Royaume. Et pour ne rien arranger, l’amplification du phénomène de la contrebande, particulièrement dans la région de l’Oriental, rend la situation encore plus critique. Pas plus tard qu’en mars dernier, les éléments de la Sûreté d’Oujda avaient annoncé une saisie record de 3 tonnes d’essence de contrebande en une seule prise, ce qui démontre l’ampleur qu’a pris ce trafic, particulièrement depuis la dernière hausse des prix à la pompe en juin 2012. Les services de la Douane parlent d’une saisie moyenne de 3 600 litres chaque jour… et ce n’est que la partie visible de l’iceberg puisque la quantité de carburant qui passe entre les mailles serait bien plus importante.