Les transporteurs livrent leur solution pour faire aboutir la réforme de leur secteur

Trois revendications majeures : une période transitoire de 5 ans, un cadre contractuel ficelé et un schéma directeur national du transport. La FT-CGEM dit avoir un ressenti positif venant des pouvoirs publics.

Les transporteurs ne lâchent rien. A l’initiative de la Fédération du transport affiliée à la CGEM, ils sont revenus à la charge pour proposer leur propre solution au blocage que connaît actuellement le contrat programme avec l’Etat. Celle-ci s’appuie sur trois axes considérés comme essentiels. D’abord, la période transitoire pour en finir avec l’exploitation indirecte des agréments doit être prolongée à cinq ans à partir d’avril 2015. C’est l’un des points de discorde qui ont empêché ces derniers mois la signature du contrat programme avec les pouvoirs publics. Le ministère du transport propose en effet une période d’une année à compter du 1er janvier dernier pour que les exploitants et les détenteurs d’agréments concluent des accords commerciaux permettant d’en finir avec le système actuel de location des agréments. Pour les professionnels, une année est insuffisante vu les contraintes qui peuvent entraver la conclusion de pareils accords. De plus, la FT-CGEM considère qu’une période transitoire de cinq ans laissera assez de temps pour mettre en place un cadre contractuel fixant avec précision les contours de la relation entre les exploitants et les détenteurs d’agréments. C’est là le deuxième axe de la proposition de la fédération qui considère qu’il y aura plusieurs aspects à prendre en considération dans le cadre de ces accords, notamment la notion de «fonds de commerce».

Le plan proposé par les transporteurs insiste également sur l’élaboration, pendant cette même période, de mesures adéquates pour la mise à niveau des différentes lignes de transport de voyageurs (troisième axe). Ils appellent à une étude intégrée dont l’objectif est de produire un schéma directeur national du transport prenant en considération les besoins en mobilité et la coordination intermodale. Sur ce registre, notons que, selon la fédération, il existe actuellement plus de 1 200 agréments non utilisés, en grande partie à cause de la nature des lignes qui sont soit très courtes, soit non rentables.

Interrogé sur la réaction du ministère à ces propositions, Abdelillah Hifdi, président de la fédération, nous confie que «les transporteurs ont un ressenti positif venant des pouvoirs publics». Cela veut-il dire que Najib Boulif, ministre en charge du transport, est prêt à céder face à ces doléances? Ce qui est sûr,  c’est qu’il faudra s’attendre à des amendements au niveau des mesures du contrat programme relatives à l’accès à la profession, «seul point de désaccord entre les professionnels et le ministère», tient à préciser M. Hifdi. En tout cas, le dossier de la réforme est aujourd’hui entre les mains du chef du gouvernement qui pourrait permettre de débloquer la situation après plusieurs mois de tension entre professionnels et tutelle.