Les transporteurs jugent insuffisant le montant de la prime à  la casse

Les candidats devront acheter un véhicule neuf d’au moins 15 t en PTC (poids total à la charge).
Seuls les propriétaires de camions de moins de 8 t pourraient trouver
leur compte dans l’opération.

Prévues dans le contrat- programme entre le ministère du Transport et la fédération, les mesures destinées à inciter les transporteurs routiers de marchandises à renouveler leur parc ont finalement été adoptées. Des primes vont en effet être octroyées aux transporteurs inscrits au registre de commerce, en contrepartie de la mise à la casse de leurs véhicules vétustes.
Pour les véhicules âgés de 15 à 20 ans au 1er janvier 2006, la prime versée est de 65 000 DH si le PTC (poids total en charge) est inférieur ou égal à 14 tonnes et de 85 000 DH pour un PTC supérieur à 14 tonnes. Pour ceux dont l’âge est supérieur à 20 ans, la prime passe respectivement à 45 000 DH pour un PTC inférieur ou égal à 14 tonnes et 60 000 au-delà.

Ces mesures sont inscrites dans la Loi de finances 2006, mais rien n’est décidé sur les modalités d’octroi et de versement de cette prime, sinon que le transporteur candidat devra s’engager à acquérir un véhicule neuf d’au moins 15 tonnes PTC. Il y aura probablement un problème de préfinancement compte tenu du fait que les ressources propres des entreprises sont faibles dans un secteur très atomisé (90 % des entreprises de transport de marchandises possèdent un ou deux véhicules seulement). Des négociations devraient normalement être menées avec les banques pour les convaincre d’appliquer un taux d’intérêt raisonnable, mais aussi avec les constructeurs…

Solution préconisée par les transporteurs : l’aide au départ à la retraire
Comme le souligne une source proche de la Fédération des transporteurs routiers de marchandises, si l’idée est jugée bonne dans son principe, elle a peu de chance d’aboutir car les primes promises sont insuffisantes. En effet, la valeur marchande d’un camion d’occasion de plus de 15 tonnes âgé de 15 ans se situe entre 150 000 et 200 000 DH alors qu’un véhicule neuf coûte en moyenne 700 000 DH. Difficile dans ce cas de convaincre le dernier des transporteurs de renoncer à la valeur vénale de son véhicule pour une prime qui en représente la moitié, outre le fait qu’il devra contracter un crédit bancaire ou autre type de financement. C’est dire que le marché de l’occasion a encore de beaux jours devant lui. A la limite, les détenteurs de camions de moins de 8 tonnes pourraient trouver leur compte dans cette affaire.

Sachant que cette initiative a pour but de mettre à niveau le parc et, par ricochet, lutter contre les accidents, nul doute que ses effets sont hypothéqués par les réserves des transporteurs. Aussi se demande-t-on dans le milieu s’il ne serait pas préférable d’opter pour l’encouragement de nombreux petits transporteurs âgés à faire valoir leur droit à la retraite. Ceci d’autant plus que ces derniers ont toujours exercé leur activité sous la coupe de l’ONT (Office national du Transport) qui leur donnait le fret, s’occupait du recouvrement et même de la collecte de la TVA…