Les textiliens n’ont pas su profiter de la reprise de la demande européenne en 2013

Les exportations sont en baisse de 5.2% à  fin novembre. Toutes les filières sont concernées mais c’est la maille qui a été la plus touchée. Au mieux, le secteur finira l’année avec une stagnation des exportations.

Les clignotants ont viré au vert sur le marché mondial du textile, mais le Maroc ne semble pas en avoir profité. Les statistiques de l’Office des changes révèlent qu’à fin novembre 2013, les exportations ont enregistré une baisse de 5,2% par rapport à la même période de l’année dernière, à 22,4 milliards de DH. Le recul a été plus prononcé pour la filière maille dont les exportations ont régressé de 13,1%. La répartition par pays des exportations de cette filière laisse apparaître une chute de 25,3% sur le marché italien et de 24,1% sur la France. La confection et les autres filières ont enregistré un repli de 1,9% et 5,4%. 

Analysant ces chiffres, les industriels estiment, en fin de compte, que «l’impact des changements qui se sont opérés sur le marché international, notamment le recentrage de l’offre chinoise sur son marché intérieur et le printemps arabe, n’a pas été positif car le secteur n’a pas été réactif. Et c’est bien dommage!». Le manque de réactivité est dû à plusieurs facteurs dont les plus importants sont le retard de la mise en place du Plan Textile 2025, la perte des capacités de production et les difficultés financières de certaines entreprises. Sans oublier que, comme l’a révélé l’étude sectorielle, l’industrie textile est restée sur le seul créneau de la sous-traitance, qui est à faible valeur ajoutée. La diversification de l’offre aurait permis une amélioration du positionnement du textile national à l’international.

La croissance du marché intérieur profite essentiellement à l’informel

Sur le marché local, la croissance enregistrée profite surtout à l’informel. Les opérateurs structurés sont d’avis que l’iniquité ne peut être corrigée que par la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée. Une mesure qui ne figure pas, à leur grand regret, dans le projet de Loi de finances.

Au vu des statistiques actuelles qui ne sont pas du tout encourageantes, le secteur risque de finir l’année, au mieux, sur une stagnation des exportations. Les industriels n’avancent pas de prévision chiffrée mais disent, malgré tout, être confiants pour l’avenir. Plusieurs réunions ont eu lieu avec le ministre du commerce et de l’industrie, My Hafid Elalamy et au cours desquelles ont été débattues les différentes problématiques. Le ministre est, selon l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement, réceptif à leurs arguments, et est prêt, une fois ses marques prises, à accompagner le secteur. Il faut noter que la relance du textile peut se faire sans fonds publics supplémentaires. Il suffit de mieux utiliser certains outils comme Moussanada et Imtiaz.