Les technoparks de Rabat et de Tanger sur les pas de celui de Casablanca

Le technopark s’est installé à Rabat en 2012 et à Tanger en 2015 où pour le moment sont logées respectivement 80 et 20 entreprises. Le modèle de Casablanca a été dupliqué avec les mêmes systèmes et les mêmes tarifs. Les petites entreprises se bousculent pour y trouver une place.

Le technopark de Casablanca a fêté ses 15 ans en 2016. Cet espace de 30 000 m2 qui accueille start-up, PME et entreprises de services affiche 99% de taux d’occupation. Grâce à une recette à succès composée de prix de location attractifs et de services à la communauté, les clients se bousculent au portillon. Ce qui a encouragé le management à dupliquer l’expérience casablancaise à Rabat et Tanger. Dans la capitale administrative, l’aventure a commencé en 2012 dans un immeuble de 2 000 m2 qui appartenait à l’ANPME. Le même modèle est dupliqué dans la ville du détroit à la demande du wali qui a mis à la disposition de la société gestionnaire un bâtiment de l’Etat pouvant accueillir jusqu’à 100 entreprises.

Dans ces deux villes, aucun loyer n’est versé à l’Etat. Seul le Technopark de Casablanca rémunère chaque mois la Direction des douanes, propriétaire du bâtiment sis au quartier Californie.

Les entrepreneurs attirés par un loyer très abordable

«A Casablanca, la location des espaces pour des supports de communication rapporte un chiffre d’affaires conséquent qui permet de compenser le loyer. La location de locaux commerciaux, de salles de formation et de réunion permet de dégager du revenu. A Tanger, nous avons investi 20 millions de dirhams de nos fonds propres dont 70% ont été exploités dans le réaménagement de l’édifice où nous abritons pour l’instant 20 entreprises vu que le bâtiment n’est pas entièrement libéré. Celui de Rabat compte plus de 80 sociétés», explique Oumkeltoum Lahbabi, responsable marketing et communication du technopark.

D’autres services, à l’instar d’un espace de co-working (avec un accès à internet, une imprimante et un scanner), sont disponibles à Rabat et Tanger. A Casablanca, Jokkolabs, un réseau de co-working space africain est en cours de réalisation. En somme, les trois sites accueillent 250 entreprises qui évoluent dans les secteurs des TIC, des Green TEC et depuis 2015 dans l’industrie culturelle. Farasha Systems en fait partie. Cette start-up qui opère dans la maintenance des centrales solaires telle que Noor à Ouarzazate a été créée en juin 2016 à Rabat par Abderrahman Kriouile. L’entrepreneur a choisi de s’implanter au technopark de la capitale au moment où le projet n’était qu’au stade de conception. Aujourd’hui, elle est sponsorisée par Masen. «Pour une start-up comme la nôtre qui n’envisage pas de rentrées d’argent dans les premiers mois d’activité, le technopark s’avère être la solution optimale. Les loyers sont accessibles et la flexibilité offerte en termes de location de salles de réunion et de travail de manière ponctuelle nous ont encouragés à le choisir. Enfin, le réseau de fournisseurs de service est également très attractif», explique M. Kriouile.

Un cadre idéal pour les jeunes entreprises

Les services à la communauté et la grille tarifaire de location des espaces sont unifiés dans les trois sites. «Ainsi, les start-up âgées de moins de 2 ans paient 50 DH/m2 HT pendant 18 mois, toutes charges comprises. Dès qu’elles dépassent cette période, elles acquièrent le statut de PME et doivent s’acquitter d’un loyer de 100 DH/m2 HT toutes charges comprises. Le tarif maximum est de 130 DH/m2», précise Mme Lahbabi.

Encouragées par ces prix abordables, certaines entreprises cherchent à s’implanter dans un deuxième technopark. C’est le cas de la PME Happy Experiences, une plateforme de e-commerce spécialisée dans l’organisation de mariages détentrice du portail LeMariage.ma. Créée en mai 2012, la PME s’est installée à Tanger (siège de l’entreprise) et Casablanca dans des bureaux conventionnels ayant pignon sur rue. «Mais depuis l’ouverture du technopark Tanger, nous avons décidé d’y déménager dans un bureau de 40 m2. L’avantage est de se retrouver en plein centre-ville dans un écosystème composé d’entreprises opérant dans les TIC. Ainsi, les prestataires de services tels que la création de site, le référencement, les spots publicitaires travaillent en étroite collaboration avec nous. L’environnement est assez motivant d’autant plus qu’on reçoit des formations régulièrement», explique Sanae Yadini, responsable communication chez Happy Experiences. La PME a ensuite poursuivi les démarches pour s’installer également dans celui de Casablanca. «Le délai d’attente n’a pas dépassé 20 jours. Nous avons donc libéré notre bureau du bd. Zerktouni pour nous installer dans un espace de 28 m2», confie Mme Yadini. Pour son développement, la PME maroco-espagnole souhaite s’implanter à Marrakech où elle réalise une grande partie de son chiffre d’affaires. A propos, la ville ocre et Agadir devraient aussi avoir leur technopark. Se pose pour le moment le problème du local. Lequel, pour ne pas dévier du modèle déjà adopté, doit être un bâtiment cédé par l’Etat propriétaire de 35% de la société de gestion aux côtés d’Attijariwafa bank (17,7%), BCP et CDG (17,5% chacune) et BMCE (12,3%). Ces projets constitueront un des volets de la mission du successeur de Omar Balafrej, ex-DG du technopark devenu député au Parlement.

Banques, restauration, services de proximité, agences de voyages, experts comptables… De nombreux services de proximité sont proposés à la communauté. Tout est testé et évalué avant d’être conventionné. A Tanger, le café Le Shab est ouvert depuis à peine 3 mois et commence à avoir une clientèle d’habitués. «On voulait créer un lieu différent de ce qui existe à Tanger pour accueillir entrepreneurs, artistes et étudiants entre autres. Par ailleurs, plusieurs évènements sont organisés au technopark de Tanger tels des master class, des expositions et des concerts. Nous accueillons surtout une clientèle de l’extérieur mais commençons à avoir une clientèle fidèle», déclare Orfeo Pueyo, gérant du Shab, cafétéria du technopark de Tanger. Et de renchérir : «On est tenu par un cahier des charges avec une grille tarifaire à respecter de manière à être abordable pour les clients. Pour l’instant, on atteint l’équilibre financier, d’autant plus qu’on paie un loyer qui reste moins cher que la moyenne du marché», renchérit-il.