«Les technologies émergentes sont un créneau d’avenir sur lequel nous investissons»

Cela fait 16 ans que je m’intéresse activement au Maroc. Dell rachète une nouvelle start-up toutes les semaines. La nature de notre organisation hiérarchique fait que nous ne plaçons pas de patrons étrangers aux commandes d’une équipe locale.

Le Dell Technologies Forum, tenu le 3 décembre 2019 à Casablanca, a été l’occasion pour le leader mondial des technologies avancées de mettre en avant ses atouts pour accompagner efficacement les entreprises ayant initié leur transition digitale. En marge de cet événement, Aongus Hegarty, président de Dell Technologies, accompagné de Mohammed Amin, senior vice-président, et Habib Mahakian, vice-président, s’est exprimé sur l’importance des marchés marocain et africain, et de la position du Maroc en tant que hub digital en Afrique.

Quel regard portez-vous sur l’évolution des activités de Dell au Maroc ?
Un regard largement satisfait. Cela fait 16 ans que je m’intéresse activement au Maroc. Durant cette période, j’ai pu constater avec un vif plaisir l’évolution fulgurante qu’a connue l’équipe de Dell ici. Vous savez, la nature de notre organisation hiérarchique fait que nous ne plaçons pas de patrons étrangers aux commandes d’une équipe locale. Tout se fait par promotion interne et nous croyons fermement que les Marocains sont les mieux placés et les plus compétents pour juger de la pertinence d’une approche adoptée pour le marché marocain. Cette philosophie a amené l’équipe de Dell Maroc à faire évoluer son champ de compétence de la simple assistance-service à la commercialisation de dispositifs technologiques concentrant les innovations les plus récentes. Leurs efforts ont permis au groupe de suivre efficacement l’évolution des besoins du marché marocain ainsi que la multiplication des segments.

Justement, quels sont les segments que vous visez le plus ?
Nous proposons des solutions pour tous types de segments. Cela va des ordinateurs pour les particuliers aux systèmes digitalisés de gestion eGov. Nous répondons aussi bien aux besoins des start-up qu’à ceux formulés par les grands groupes. Notre démarche est simple : suivre l’évolution des besoins de tous les marchés et mettre à leurs dispositions les meilleures solutions technologiques. C’est le cas de la data, par exemple, où le secteur bancaire et celui des télécoms formulent des besoins d’analyse, de stockage et de gestion en constante évolution. Notre solution data center cloud est aujourd’hui largement adoptée à cette fin.

Qu’en est-il de la concurrence ?
Dell investit chaque année 4,5 milliards de dollars dans la recherche & développement. Nous nous sentons très peu concurrencés, a fortiori lorsque nous plaçons notre démarche dans une posture faiblement commerciale. Au-delà des parts de marché et de la croissance à double chiffre, ce qui nous intéresse réellement est de suivre nos clients dans l’évolution de leurs besoins. Tant que nous continuons à investir dans la R&D et restons calés sur l’innovation pour répondre du mieux qu’on peut à leurs besoins et les anticiper, nous ne nous soucierons pas de la concurrence. D’ailleurs, le succès de notre approche est justement vérifié par l’accélération de notre croissance sur les trois dernières années. Au Maroc, nous bénéficions d’une part de marché confortable, et le groupe est porté par une croissance de son chiffre d’affaires à deux chiffres. Pour vous donner un ordre de grandeur, notre part de marché pour la région EMEA est de 52%. Naturellement, le boost que connaissent nos activités est porté par les multiples actions pour la transition digitale sur lesquelles nous sommes sollicités. A terme, cette croissance sera fatalement ramenée à des niveaux plus équilibrés. Ceci étant, de nouveaux besoins apparaissent régulièrement, et Dell est parmi les mieux placés pour y répondre.

A quel point Dell est-elle perméable aux technologies émergentes ?
Les technologies émergentes sont pour nous un créneau d’avenir sur lequel nous investissons activement. La gestion des data par intelligence artificielle est l’une des solutions que nous développons. Pour doter Dell des compétences que de tels projets requièrent, nous fondons notre approche sur trois piliers : la R&D, le capital investment et les acquisitions. Pour vous donner une idée, Dell rachète une nouvelle start-up toutes les semaines. Les solutions développées par ces dernières deviennent ainsi celles de Dell, qui renforce son offre au fur et à mesure des acquisitions jusqu’à pouvoir proposer, d’une part, un éventail complet de services technologiques, et, de l’autre, la possibilité de nous positionner sur des technologies nouvelles de manière immédiate. Après tout, les start-up sont le nouveau moteur de croissance de l’économie.

D’après vous, la vitesse avec laquelle le Maroc se développe est-elle tangente à l’évolution de la technologie ?
Par le passé, je visitais le Maroc deux à trois fois par an. A chaque visite, j’ai été impressionné par la cadence des réalisations en termes d’infrastructures physiques, ainsi que leur qualité. Il est impressionnant de voir comment le Maroc a réussi, en l’espace de quelques années seulement, à se hisser au rôle de leader régional. Pour ce qui est de la digitalisation et de l’implémentation de la technologie, le Maroc a réalisé des avancées phénoménales et à une vitesse fulgurante. Par son leadership, le pays s’est imposé comme un véritable hub digital pour les pays africains. Aussi, le Maroc est un pays où il fait bon d’investir, et nous comptons entériner davantage notre position avec l’idée de tirer profit de la position privilégiée du Royaume en Afrique pour lancer nos opérations depuis une base marocaine et attaquer encore mieux le marché régional et mondial.