Les taux du crédit auto vont encore baisser à  partir du deuxième semestre

Ils commencent à  0% pour les formules packagées, et vont de 7 à  13% chez les banques et de 9 à  13,5% chez les sociétés de financement. L’effet de la baisse du taux directeur sera plus palpable au 2e semestre, vu que les levées de fonds à  travers les BSF vont s’intensifier à  partir de la mi-mai.

Le crédit auto devient moins cher. C’est du moins ce qu’avancent les banquiers et les agents de sociétés de financement. «La tendance baissière des taux est palpable sur le marché depuis le début de l’année et va se faire ressentir avec plus d’ampleur au cours du deuxième semestre 2015», affirme un directeur de banque. Ce constat est confirmé par les concessionnaires de voitures.

En effet, la concurrence bat son plein dans le secteur du crédit à la consommation en général et du crédit auto en particulier.
«Ceci tire naturellement les taux vers le bas, mais le reflux s’accentue aujourd’hui notamment grâce aux formules promotionnelles négociées entre les maisons de crédit et les concessionnaires, dites opérations packagées», explique le directeur commercial d’une société de financement de la place. Selon les banquiers sondés, la compétition entre opérateurs dans leur course aux parts de marché débouche sur des taux qui commencent à 0% pour des opérations spéciales ou clients conventionnés, avant de monter de 7 à 13% pour les financements normaux auprès des banques et de 9 à 13,5% chez les sociétés spécialisées.

Mais si le jeu de la concurrence agit sur le marché, il n’est pas le seul à expliquer la trajectoire baissière qu’empruntent les taux. Sur un registre plus macro-économique, la baisse du taux directeur de 0,5 point en deux temps explique en partie ce fléchissement. «Grâce à des taux de refinancement en baisse, les sociétés de crédit accèdent à un argent moins cher pour financer les nouvelles productions et les remplacements des anciennes dettes qui arrivent à échéance, et répercutent la baisse sur leur clientèle», explique le DAF d’une société de financement qui vient de lever 425 MDH pour l’octroi de nouveaux crédits. Selon lui, en prenant en considération l’effet conjugué de la concurrence et de la baisse du taux directeur, les clients, chacun selon son profil de risque, peuvent aspirer à une décote de 50 points de base jusqu’à 1point sur les nouveaux crédits.

Les clients qui prévoient de financer leur achat de voiture à crédit vont encore être mieux servis. En effet, selon les opérateurs sondés, la baisse des taux sera plus prononcée sur le reste de l’année. L’explication provient d’un directeur d’une société de la place. Il estime que les sociétés de financement vont lever davantage d’argent au cours du deuxième semestre pour financer la nouvelle production et le remplacement de la dette échue, à des conditions beaucoup plus favorables qu’en 2014, année durant laquelle les émissions de BSF ont culminé à environ 3 milliards de DH contre pas plus de 400 MDH en 2013.

Mais cette détente sur les taux pourra vite être éclipsée par la montée en puissance des créances en souffrance. En 2014, les sociétés de financement qui font appel public à l’épargne ont en effet comptabilisé des provisions en nette hausse de 30% par rapport à 2013. Cette «dépréciation de la qualité du risque va empêcher les opérateurs de répercuter la détente des taux sur toute la clientèle. Seuls les clients à très bon profil de risque bénéficieront systématiquement de la baisse des taux», affirme le DAF. D’autres responsables commerciaux abondent dans le même sens. Ils expliquent que l’historique des paiements du client (régularité) ainsi que sa bonne moralité (pas d’incidents répertoriés à la Centrale des risques) sont déterminants et les comités sont catégoriques à ce sujet. En dehors des opérations packagées qui proposent un taux de 0% conditionné à un minimum d’apport (à partir de 30%), un client mauvais payeur mais dont le dossier est éligible se verra attribuer un taux de 13 à 13,5% tandis qu’un autre sans impayés bénéficiera sans peine de 7,5%. En somme, le loyer de l’argent est défini en fonction du profil du client.