Les taux des crédits relativement stables, malgré le déficit de liquidité et la montée des risques

Les crédits de trésorerie démarrent à  5.25% pour les grands groupes et atteignent 9% pour les PME à  bon profil de risque et 12% pour les nouvelles entrées en relation de PME. Pour les crédits à  l’équipement, les taux vont de 6% pour le moyen terme à  6,65% pour le long terme.

Si le déficit de liquidité et la montée des impayés plaident pour une augmentation des taux des crédits bancaires, sur le terrain la réalité est plus nuancée. En effet, selon des banquiers, les tensions qui pèsent depuis quelque temps sur la trésorerie des entreprises n’ont pas eu d’effets remarquables sur les taux des comptes débiteurs et des crédits de trésorerie. «Les taux sont plus ou moins stables par rapport à la même période de l’année dernière. Ils varient naturellement en fonction du profil de l’entreprise, des garanties apportées et du montant sollicité», explique l’un d’entre eux. Auprès de son établissement, ces prêts sont octroyés à partir de 5,25% pour les grands groupes, tournent autour de 9% pour les PME à bon profil de risque, et atteignent 12%, voire plus, pour les PME qui demandent le crédit pour la première fois. Un autre cadre chez une banque française précise que l’augmentation des taux a été limitée aux entreprises dont le risque a crû. Ce qui a été sans conséquences sur les conditions standard.

Ces propos sont corroborés par la dernière enquête de Bank Al-Maghrib sur les taux débiteurs. Le taux global moyen des crédits de trésorerie y ressort en quasi-stagnation, à 6,02% à la fin du premier semestre contre 6,08% à la même période de 2012 et 6,05% au premier semestre 2011.

Toutefois, certains banquiers rapportent qu’ils n’ont pas hésité à revoir à la hausse même les taux préférentiels appliqués aux clients privilégiés en raison de la dégradation de leur situation financière.
«Nous avons fait de même pour les crédits par signature, en l’occurrence les refinancements de tombées des crédits documentaires et des remises documentaires. Les taux de refinancement correspondent aujourd’hui au taux de référence Libor majoré de 3,5 point pour la majorité des clients, au lieu du Libor+1,5 point un an plus tôt. Les durées ont quant à elles été ramenées à 120 jours maximum au lieu de 180 auparavant pour réduire notre exposition», explique l’un d’entre eux.

Des primes de risques élevées pour certains secteurs en crise

Pour ce qui est du crédit à l’équipement, l’enquête de BAM fait également ressortir un taux moyen en quasi-stagnation, à 5,99% contre 5,93% à la fin du premier semestre 2012. Les banquiers affirment que les comités de crédit sont plus regardants sur les garanties mais n’appliquent pas des taux plus élevés. Cela dit, les financements accordés à des secteurs en difficulté, notamment l’immobilier, la minoterie, la chimie para-chimie et quelques industries manufacturières ont vu leurs primes de risque augmenter de 50 à 150 points de base, selon les établissements. «C’est une réaction évidente à la montée en flèche des créances en souffrance», expliquent les banquiers. Par ailleurs, ce taux global de l’enquête de BAM (5,99%) reflète plus des crédits moyen terme ; ces derniers étant les plus représentatifs de l’encours accordé. Selon les établissements, il faut compter 50 à 65 points de base de plus pour un crédit d’équipement long terme. Notons au passage que le taux des crédits à l’équipement a connu une baisse progressive depuis fin 2008 où il culminait à plus de 7%.

S’agissant enfin des crédits immobiliers, les banques agissent dorénavant sur la variable de la durée et de la quotité financée au lieu de revoir les taux. Ces derniers s’établissent à 6,15% à la fin du premier semestre contre 6,13% à la même période de 2012.

Bref, même si le secteur bancaire est confronté à une multitude de contraintes, les taux n’ont pas connu d’augmentations significatives. «Le secteur connaît une forte concurrence en matière de taux compte tenu du ralentissement de la demande. Les entreprises bien notées peuvent même obtenir des conditions exceptionnelles. Seuls les secteurs à risque subissent le renchérissement du coût des financements», résume un expert.