Les tarifs de l’eau et de l’électricité, la grande inconnue du nouveau contrat-programme de l’ONEE

Les contours du nouveau contrat-programme et des investissements pour la période 2019-2023 ont été dévoilés par l’ONEE. Rien ne filtre encore sur l’éventualité d’une augmentation des tarifs d’eau et d’électricité. L’office investira 51,6 milliards de DH sur la période 2019-2023.

Les contours du nouveau contrat-programme liant l’Etat à l’ONEE et les investissements prévisionnels sont désormais connus. Communiqués récemment en détail par le patron de l’office, Abderrahim Hafidi, à ses troupes, à l’occasion d’une rencontre tenue à Casablanca, jeudi 18 juillet, et débattus bien avant durant le conseil d’administration qui a eu lieu le 10 juillet dernier, ceux-ci portent sur des principes connus pour ne pas dire des généralités (voir encadré). A la question centrale et épineuse de savoir si les citoyens et les entreprises devront – encore – mettre la main à la poche pour financer partiellement ce contrat-programme qui devra être acté avant la fin de l’année 2019, aucune partie prenante ne veut y répondre. Du moins, pas pour l’instant.

Pour mémoire, le premier contrat-programme 2014-2017 – qui a relativement amélioré la situation de l’office sans pour autant réduire son endettement critique – s’était basé entre autres sur une augmentation des tarifs d’eau et d’électricité, à l’exception des tranches sociales, bien évidemment.

Approché par La Vie éco, un cadre au ministère de l’énergie qui avait pris part aux travaux d’élaboration du premier draft du nouveau contrat-programme Etat-ONEE nous a confié que les tarifs de l’électricité ne seront pas touchés dans le cas où les signataires s’accordent sur le relèvement des tarifs. «Concernant l’eau, il pourrait y voir quelques modifications dans la tarification, mais je rappelle que seule la version finale du contrat-programme tranchera», conclut-il. A l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avions pas pu avoir la confirmation de ces informations auprès du directeur général de l’office ou le ministère de l’énergie et des mines.

Renforcement de l’alimentation en eau potable urbaine

Sur un autre registre, le conseil d’administration a validé le plan d’équipement pour la période 2019-2023. Il porte sur un investissement de 51,6 milliards de DH. Une enveloppe de 26,1 milliards de DH est consacrée au secteur électrique. Il est prévu la réalisation de plusieurs projets d’une capacité additionnelle de 4 262 MW (voir encadré projets à livrer) dont 4 240 MW à base d’énergies renouvelables faisant partie des programmes nationaux solaire, éolien et hydraulique pilotés par Masen ainsi que ceux relevant du privé (loi 13-09).

Le budget arrêté pour l’eau s’élève à 25,5 milliards de DH, dont 15,2 milliards dédiés à la pérennisation et au renforcement de l’alimentation en eau potable urbaine. La production sera augmentée de 12,4 m3/s et 3 400 km de conduite seront posés.

Concernant la généralisation de l’accès à l’eau potable en milieu rural, l’office investira 5,7 milliards de DH pour la réalisation de plusieurs projets qui permettront de porter le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural à 99,3% au profit d’une population additionnelle de plus de 308000 habitants.
Enfin, 4,6 milliards de DH seront consacrés à l’activité assainissement liquide. Il s’agira de réaliser 64 nouvelles stations d’épuration d’une capacité de plus de 157000 m3/j.

Le top management de l’ONEE s’est engagé à livrer plusieurs projets, dont la centrale thermique diesel de Dakhla (22 MW), la STEP Abdelmoumen (350 MW). De plus, une capacité de 220 MW en petites usines hydrauliques seront réalisés dans le cadre de la loi 13-09 tout au long de la période 2020-2023. Dans l’éolien, une capacité additionnelle de 1 656 MW sera installée (36 MW à Oualidia, 88 MW à Taza Phase I, 180 MW à Midelt, 300 MW à Boujdour, 120 MW de repowering CED, 200 MW à Jbel Lahdid, 100 MW à Tiskrad, 70 MW à Tanger, 62 MW à Taza Phase II, 200 MW à Koudia Baida et 300 MW à réaliser en 2023 dans le cadre de la loi 13-09).
Pour sa part, le solaire sera enrichi de 2 015 MW (120 MW Noor PV Tafilalt, 200 MW Noor PV Atlas, 400 MW Noor PV II, 795 MW Noor Midelt dont 190 MW en CSP, et 500 MW à réaliser dans le cadre de la loi 13-09).

 

 

• La réalisation de l’équilibre économique et financier et le développement du «business model» de l’office, notamment par le renforcement des capitaux propres de l’office, la rationalisation des investissements et l’optimisation des charges, la mise en place d’une salle des marchés, la diversification des sources de financement.
• L’amélioration des rendements et des performances technico-commerciales.
• Le renforcement de la gouvernance à travers la mise en œuvre effective du regroupement.
• La régionalisation.
• La modernisation du management de l’office par la mise en place progressive du projet de la digitalisation, l’amélioration de la relation avec les partenaires de l’office, la généralisation de l’approche d’intégration des normes de qualité, la communication permanente et transparente.
• L’achèvement du plan d’investissement de l’office dans les délais en optimisant la programmation des sites des projets d’investissements et la levée des restrictions liées à la mobilisation de l’assiette foncière.
• L’amélioration du cadre légal et législatif.