Les syndicats de taxis rejettent les dispositions relatives au permis de confiance

Les chauffeurs estiment que la durée de validité de trois ans est trop courte ; ils exigent 10 ans. Ils contestent la restriction de l’accès à  la profession aux salariés.

Après avoir dérogé à certaines dispositions concernant le nouveau Code de la route, et notamment en faveur de conducteurs d’engins agricoles dispensés du contrôle de documents en attendant de trouver une solution, l’Etat fera-t-il à nouveau des concessions, concernant cette fois-ci les chauffeurs de taxis ? Ces derniers ne savent pas vraiment où donner de la tête pour renouveler leurs documents de travail.
Certes, cette catégorie doit, comme tout le monde, faire les démarches pour remplacer le permis de conduire personnel en support papier par un permis électronique, mais, en plus, elle doit renouveler le permis professionnel, dit permis de confiance, qui donne accès à l’exercice de la profession de chauffeur de grand ou petit taxi. Un document qui est délivré sous certaines conditions, entre autres celles d’avoir un casier judiciaire vierge et de ne pas avoir un travail ailleurs. Car, il s’agit aussi, au passage, de nettoyer la profession en délivrant cette autorisation aux seules personnes qui en font leur seul gagne-pain.  

La profession est réservée à ceux qui en font leur unique gagne-pain

Aujourd’hui, la wilaya du Grand Casablanca, dont les services ne pouvaient pas faire face au mouvement de renouvellement, a décentralisé cette opération au niveau des préfectures selon le lieu de résidence des détenteurs du permis de confiance. En effet, de source syndicale, on estime que le nombre de taxis en circulation dans le Grand Casablanca, toutes catégories confondues, serait supérieur à 14 000 unités. Avec une moyenne de 2 chauffeurs par voiture au minimum, le nombre de permis de confiance à renouveler atteint 28 000. Ce qui est effectivement très significatif.
Mais ce qui gêne le plus les syndicats de taxis, c’est que la durée de validité du permis de confiance qui est de 3 ans est, cette fois-ci, mentionnée de manière très visible sur le nouveau document, alors que sur l’ancien, elle n’était pas très apparente, et les agents de contrôle n’y prêtaient pas attention. Du coup, les syndicats de taxis estiment que la validité du permis de taxis devrait aller de pair avec celle du permis de conduire normal, c’est-à-dire de 10 ans après la période probatoire. Surtout que le renouvellement de ce document se révèle onéreux, soit entre 300 et 400 DH, à payer tous les 3 ans. De même, dans le passé, beaucoup de salariés du public et du privé faisaient le taxi le soir après les heures de bureau ou le week-end pour arrondir les fins de mois et parfois des permis de confiance avaient été délivrés à des candidats qui avaient des antécédents judiciaires. Du coup, ce nettoyage, salutaire pour la profession, est récusé par les concernés eux-mêmes.