Les sociétés de crédit à  la consommation se remettent progressivement sur pied

Les sociétés spécialisées devraient finir l’année sur une production en hausse de 2%. Elles subissent moins de concurrence de la part des banques sur le prêt personnel. Le crédit auto baisse de 1.3% à  fin septembre du fait de la dégringolade de la LOA et du recul des ventes de voitures neuves.

Les sociétés de crédit à la consommation se remettent progressivement sur pied. Selon les statistiques non encore rendues publiques de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), leur production sur les 3 premiers trimestres de l’année ressort en stagnation, à 10,3 milliards de DH en comparaison avec la même période de l’année passée, ce qui établit l’encours à cette date à 43,4 milliards de DH. Au premier semestre, on en était à une baisse de 2%, un recul qui dure depuis 2008. Ce regain de forme relatif est attribuable dans une large mesure à une bonne prestation des sociétés durant le mois de septembre qui a connu une hausse de la production de 11% comparé au même mois de l’année passée.

Par branche, la production de prêts personnels affiche une légère hausse de 1% à fin septembre, à 5,8 milliards de DH, ce qui établit leur encours à 27,8 milliards de DH. Les sociétés redressent relativement la barre puisque leur production sur ce segment avait baissé de 5% et 16% respectivement en 2011 et 2012. Et pour cause, les banques qui livraient une concurrence rude aux sociétés spécialisées semblent avoir levé le pied sur le segment à cause notamment de la montée des impayés. Pour preuve, l’encours bancaire des crédits à la consommation a augmenté de 2% à fin septembre alors qu’il enregistrait des taux de progression à deux chiffres depuis 2008. Rappelons que grâce à leurs avantages naturels en termes de réseau commercial et de coût de refinancement, les banques ont fait monter leur part dans l’encours global du crédit à la consommation à plus de 50% actuellement alors qu’ils n’en étaient qu’à 34% en 2005.

Pour sa part, le crédit auto a vu sa production baisser de 1,3%, à 4,1 milliards de DH. Cette tendance est clairement préoccupante selon les professionnels, sachant que l’activité dans ce segment avait augmenté de 8% en 2011 et de 26% en 2012. Ce recul est en grande partie lié à la mauvaise prestation de la LOA (location avec option d’achat) qui a dégringolé de 39%, à 1,4 milliard de DH. C’est que les emprunteurs se sont détournés de ce produit depuis l’entrée en vigueur de la taxation des valeurs résiduelles des véhicules financés par LOA dans le cadre de la Loi de finances 2013. Résultat, la part de la LOA dans les crédits auto octroyés est passée de 22% à 13% entre septembre 2012 et septembre 2013, et les professionnels s’attendent à une accentuation de cette tendance d’ici la fin de l’année. Mécaniquement, le manque d’attractivité de la LOA a orienté la clientèle vers la formule du prêt auto classique qui a vu sa production croître de 43%, à 2,7 milliards de DH. Mais quelle que soit la formule de financement auto qui a les faveurs des emprunteurs, il faut aussi dire que ce segment recule globalement du fait de la santé fragile du marché de l’automobile dont les ventes ont baissé de plus de 6% à fin octobre.

Du potentiel dans le crédit à l’équipement

Quoi qu’il en soit, les sociétés spécialisées n’ont de choix que de miser de plus en plus sur le crédit automobile, et plus globalement sur les prêts affectés, sur lesquels elles peuvent encore faire jouer quelques atouts par rapport aux banques. En effet, les sociétés disposent de plusieurs avantages en la matière tels que la rapidité de traitement ainsi qu’une expertise sur les marchés faisant appel à des prescripteurs (grandes surfaces…) qui constituent un réseau de plus de 3 500 à 4000 points de vente structurés recensés au niveau national. Quand on sait que les financements à l’équipement domestique ne pèsent encore que 1% de l’encours des crédits à la consommation et qu’ils sont en croissance continue, l’on est effectivement tenté de croire que l’avenir des sociétés spécialisées réside dans les prêts affectés.  

En attendant, les opérateurs doivent négocier une fin d’année plutôt difficile. Les professionnels comptent en effet sur les mois de novembre et décembre, habituellement porteurs pour le secteur, sans pour autant espérer un renversement de tendance. De fait, vu son évolution défavorable depuis le début de l’année, l’activité pour 2013 ne devrait, au mieux, augmenter que de 2%.