Les services des renseignements téléphoniques seront bientôt libéralisés

Le projet de loi est en cours d’examen au Parlement. Des investisseurs sont déjà  dans les starting-blocks. L’ouverture du marché devrait se traduire par une amélioration de la qualité de service et une baisse des tarifs.

Le secteur des renseignements téléphoniques sera bientôt libéralisé. Après la promulgation du projet de loi n°121-12, modifiant et complétant la loi sur les télécoms, de nouveaux opérateurs vont investir ce marché de plus de 30 millions d’appels par an, soit un chiffre d’affaires de plus de 144 MDH (4,80 DH TTC la communication). Pour le moment, «des investisseurs potentiels sont déjà dans les starting-blocks, ils attendent uniquement la loi qui est en cours d’examen au Parlement», apprend-on du côté des équipes de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). A cet égard, il est important de rappeler que ce marché est encore la chasse gardée de Maroc Telecom (160) et Méditel (2424). Et pour cause, «en l’état actuel de la réglementation, seules les entreprises ayant des licences de télécommunications peuvent investir ce segment», explique-t-on du côté de l’agence. On ajoute que «la promulgation de ce projet de loi marquera une évolution majeure à ce sujet dans la mesure où il sera possible d’autoriser l’établissement et la fourniture du service de renseignement à des personnes morales autres que les opérateurs télécoms, selon des modalités qui seront fixées par la suite».

Pour obtenir la licence, les intéressés doivent tout simplement répondre à l’appel à concurrence qui sera lancé par l’ANRT après validation du projet. «Les critères exigés pour accorder la licence sont fixés dans le dossier de l’appel à la concurrence. A titre d’exemple, le candidat doit se constituer en société de droit marocain, s’engager sur les dispositions prévues par le cahier des charges, disposer d’une expérience par rapport à la prestation souhaitée, etc.», détaillent les équipes du régulateur.

En tout cas, cette libéralisation sera bénéfique au client marocain car elle favorisera la baisse des prix et l’amélioration de la qualité de service.

Concernant les prix, il est important de noter que le coût des appels relatifs aux services des renseignements téléphoniques a augmenté depuis 2001. Au départ, l’opérateur historique facturait l’appel à un prix forfaitaire de 3 DH. Il s’est ensuite aligné sur Méditel qui a fixé le coût de la communication à 4,80 DH TTC/mn. La différence entre les deux est que le prix de Maroc Telecom est forfaitaire (en principe le temps de communication n’est pas limité et chaque appel donne droit à trois demandes distinctes). L’ANRT n’intervient pas dans la fixation des tarifs qui «dépendent principalement du modèle retenu pour la fourniture du service de renseignement», expliquent ses équipes. 

La qualité de service laisse parfois à désirer

A propos de la qualité, les téléopérateurs du 160 peuvent fournir des informations sur les hôtels, restaurants, les agences de voyages ou de location de voitures, en plus d’informations pratiques telles que le taux de change, la météo, les horaires de prière ou de train, les programmes télé et le programme sportif. Toutefois, le client risque d’être contrarié puisque certains services, notamment ceux relatifs aux informations pratiques, ne sont pas souvent disponibles. Il s’y ajoute que le système de tarification, bien que favorable, ne lui profite pas. En effet, bien que le client ait droit à trois requêtes, le téléopérateur, après avoir satisfait la première, l’invite à rappeler s’il a d’autres informations à demander. «L’objectif est de ne pas dépasser une minute pour chaque appel», confirme une source proche de l’entreprise.

Il est également indiqué que les services de renseignements de Maroc Telecom ne disposent pas de tous les numéros des établissements marocains parce que «sa base de données est limitée à ses numéros fixes». Du coup, «quand il s’agit d’un fixe Inwi et/ou Méditel, les téléopérateurs sont incapables de repondre», explique une source très au fait des problèmes du secteur.

Méditel propose également une palette de services, des adresses des pharmacies de garde à la réservation de restaurants, en passant par les horaires de trains, la météo et les résultats des matchs. Sa base de données englobe tous les numéros du fixe de tous les opérateurs, «car contrairement à l’opérateur historique, la filiale d’Orange investit énormément dans l’achat des bases de données professionnelles», explique un expert du secteur. Reste que le coût de la communication est élevé. Pour un seul service, le client doit débourser au minimum 9,60 DH TTC (entre 2 min et 3 min).