Les scénarios de l’Etat pour redresser les ERAC

Leur dette est estimée à plus d’un milliard de dirhams au
moins n Leurs stocks d’invendus seront liquidés pour rembourser les
banques.

Une solution définitive sera-t-elle enfin trouvée aux difficultés dans lesquelles se débattent les Erac ? Il semblerait bien que oui. Le holding Al Omrane, nouvellement créé, et qui regroupera l’Anhi, la Snec(*) et Attacharouk, n’est pas seulement appelé à être l’instrument unifié de mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière d’habitat. Il devra aussi résoudre le problème des sept Erac, dont quatre présentent une situation financière préoccupante. A rappeler que ces derniers deviendront des filiales d’ Al Omrane, une fois la loi modifiant leurs statuts et permettant leur transformation en société anonyme promulguée.
En attendant, le comité pour la gestion et le suivi de la fusion s’est penché sur les divers scénarios pour la mise à niveau financière et de gestion de ces établissements.
En premier lieu, la mise à niveau financière. Elle concerne en particulier les Erac de Rabat (région Nord-Ouest), Casablanca (Centre), Fès (Centre Nord) et Oujda (région de l’Oriental). Le montant de la dette de ces quatre établissements est estimé à environ 1 milliard
de DH. Parmi leurs créanciers, on trouve, sans surprise, le CIH, la Banque Populaire et le Fonds Hassan II. L’ardoise serait même plus importante, le CIH contestant le montant des sommes dues. Pour ne rien arranger, la situation nette de certains établissements s’est dégradée suite aux pertes cumulées. Ainsi, une recapitalisation s’avère obligatoire avant qu’ils ne puissent modifier leurs statuts en SA.

Il ne sera pas fait appel au budget général de l’Etat
Selon Mohammed Najib Benyahia, secrétaire général d’Al Omrane et membre du comité de gestion, il n’est pas envisagé, du moins dans le court terme, de demander le concours du budget général de l’Etat pour l’assainissement de la situation financière des Erac en difficulté.
La première solution consiste à liquider leurs stocks en vue de rembourser leurs dettes. En effet, «leurs problèmes financiers sont souvent liés à des invendus», explique M. Benyahia. Cette phase de cession devra démarrer avant même que la fusion ne soit effective.
Si les difficultés financières persistent, la recapitalisation sera effectuée par des accords entre le groupe et ses filiales. En clair, les capitaux propres de l’Anhi, de la Snec et d’Attacharouk, estimés à plus de 560 MDH, permettront de renflouer les caisses des Erac.
L’autre manière de prêter main-forte aux Erac consistera à leur demander de poursuivre la réalisation des programmes immobiliers déjà entamés par l’Anhi et la Snec, pour leur permettre d’augmenter leur chiffre d’affaires et, au-delà, leurs bénéfices.
Le deuxième volet de la mise à niveau des Erac concerne la gestion. Tout d’abord, il s’agit de modifier les procédures pour les adapter à celles des sociétés anonymes. Ensuite, il est question d’effectuer une refonte des organigrammes. Dans ce sens, Al Omrane a jugé utile de se faire accompagner par un cabinet spécialisé. L’appel d’offres pour la réalisation d’une étude, financée par l’AFD (Agence française de développement), et supervisée par un consultant de la Banque mondiale, a été lancé fin janvier. L’adjudicataire sera connu à la mi-mars. Parmi les objectifs de cette étude, figure «une proposition des organigrammes transitoires du holding Al Omrane et des différentes filiales qui seront créées», expliquent les membres du Comité de gestion. Cette étude déterminera également les régions où il serait intéressant de créer les filiales qui seront chargées de la construction des logements. Pour le moment, il est déjà admis par les membres du comité de gestion que, désormais, la création de nouvelles filiales n’obéira plus aux contraintes du découpage administratif. Leur implantation se fera plutôt en fonction de l’importance de la demande.
Avant même les conclusions de l’étude, les responsables du groupe Al Omrane comptent créer deux filiales, à Laâyoune et à Tanger. Ils estiment également que la région du Gharb en a grand besoin, ainsi que celle de Chaouia Ouardigha (Settat). Il n’est pas non plus exclu que des institutionnels, dont les collectivités locales, soient appelés à participer au tour de table des futures filiales du groupe Al Omrane.
Enfin, cette restructuration aboutira en fin de parcours à une rationalisation de la gestion puisque, dans chaque ville ou région, ne subsistera qu’une seule entité en charge de l’habitat, au lieu de la multiplicité actuelle des intervenants que sont les Erac, l’ANHI et la SNEC