Les richesses sont concentrées sur la bande côtière

Le découpage en douze régions accentue le phénomène de concentration de la richesse. Quatre régions sur seize dans l’ancien découpage et deux dans le nouveau contribuent pour près de la moitié au PIB national.

Les disparités régionales, le développement inégal des territoires : c’est un phénomène bien connu, en tout cas ressenti par tous ou presque, mais le HCP le rend plus lisible, plus visible en en mesurant tous les aspects. Les derniers comptes régionaux qu’il vient de publier au titre de l’année 2013 montrent en effet que sur les seize régions du pays, quatre seulement (un quart donc) créent plus de la moitié (51,2%) de la richesse nationale. Il s’agit, dans l’ordre, du Grand Casablanca, de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, de Tanger-Tétouan et de Souss-Massa-Draâ. On ne s’étonnera pas dans ces conditions de voir ces régions squattées par les ruraux, et, par suite, de voir émerger une urbanisation, parfois anarchique, dans la périphérie des métropoles de ces régions.

Et si ces quatre régions sont aussi riches que les douze autres réunies, c’est probablement parce qu’elles concentrent l’essentiel des activités créatrices de valeurs: activités secondaires (industrie, distribution d’eau et d’électricité, BTP, etc.) et activités tertiaires (services marchands et non marchands). De façon tout à fait logique, le PIB par tête d’habitant dans deux de ces quatre régions est le plus élevé : 52 903 DH par an et par tête dans le Grand Casablanca et 38 771 DH à Rabat-Salé-Zemmour-Zaër ; le PIB moyen par tête d’habitant à l’échelle nationale étant de 27 356 DH par an.

Cinq régions effectuent 70,6% des dépenses de consommation des ménages

Quoi de plus normal dans ces conditions que les quatre régions évoquées plus haut soient celles qui réalisent presque la moitié (47,2%) des dépenses de consommation des ménages. Là encore, le Grand Casablanca vient en tête en assurant 17% de ces dépenses, suivi de…Tanger-Tétouan (11,2%), de Souss-Massa-Draâ (10,3%) et enfin de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. La répartition de la richesse selon le découpage du territoire en 12 régions accentue même la concentration de la richesse, précise le HCP. Selon ce découpage, en effet, deux régions seulement, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra, créent à elles seules près de la moitié (48%) du PIB national : 32,2% pour la première et 15,8% pour la seconde. Ces deux régions, on les retrouve également, de manière tout à fait logique là encore, en tête des cinq régions qui effectuent l’essentiel (70,6%) des dépenses de consommation des ménages : Casablanca-Settat avec 22,3% et Rabat-Salé-Kénitra avec 12,9%. Finalement, quel que soit le découpage retenu, la bande côtière apparaît, grosso modo, comme celle où se réalise et se consomme l’essentiel de la richesse du pays.