Les recettes des produits miniers en baisse de 36% à  fin avril

Les mines ont généré un chiffre d’affaires de 3,17 milliards de DH, hors dérivés des phosphates, contre 5 milliards en 2013. La baisse du cours du phosphate, qui a pesé 92% des volumes vendus, explique cette contre-performance. Les opérateurs espèrent que le projet de code minier encouragera les investissements.

Le sous-sol marocain rapporte moins. D’après les chiffres du ministère de l’énergie et des mines arrêtés à fin avril, les différentes mines du pays ont généré un chiffre d’affaires de 3,17 milliards de DH contre environ 5 milliards de DH au titre de la même période de 2013, soit une baisse de 36,6%. Pourtant en volume, le Maroc a écoulé plus de 4,4 millions de tonnes alors qu’il n’en avait vendu que 4,2 millions un an auparavant, hors dérivés des phosphates. Le phosphate constitue 92% des volumes vendus, ce qui explique en grande partie la tendance actuelle. Après une bonne année 2012, la demande pour ce minerai s’est repliée. Selon les spécialistes, les cours ont commencé leur dégringolade notamment en raison d’une offre abondante sur le marché international. Le marché des phosphates étant en reconfiguration surtout avec l’entrée d’un nouveau producteur de taille: l’Arabie saoudite.

Les autres minerais n’ont pas enregistré de changements majeurs par rapport à avril 2013. Sur les quatre premiers mois de 2014, les 12 000 tonnes de plomb extraites ont rapporté environ 160 MDH, dont plus de 97% à l’export. Pour sa part, le cuivre a généré environ 150 MDH entièrement à l’export pour un volume vendu de 14 000 tonnes.
Largement utilisé dans l’industrie pour sa densité élevée, le barytine a, quant à lui, permis de réaliser un chiffre d’affaires de 137 MDH récoltée de la vente de quelque 142 000 tonnes de cette substance. Suit le zinc dont les ventes se sont établies à 88 MDH (20 000 tonnes). La fluorine a rapporté 43 MDH pour 16 000 tonnes vendues. Pour tous ces produits, la quasi-totalité des volumes est exportée.

Le patrimoine minier n’est pas suffisamment exploité

Selon les opérateurs du secteur minier, ces réalisations restent en deçà des possibilités qu’offre le patrimoine minier du pays en raison de plusieurs entraves. C’est d’ailleurs pour mettre à plat ces barrières que la profession s’est concertée pendant plusieurs mois avec le ministère de tutelle pour l’adoption d’un nouveau code minier. Selon des sources au cabinet du ministre de l’énergie et des mines, le SGG vient de remettre le projet du nouveau texte au gouvernement pour examen. L’objectif étant de dépasser les limites du texte actuel, vieux de plus de 60 ans. A ce titre, la nouvelle mouture apporte plusieurs changements très attendus par la profession. Déjà, la superficie des zones d’exploration sera portée à plus de 10 000 km2 au lieu de 1 600 aujourd’hui. «Ce changement participera certainement à attirer de nouveaux investisseurs, en rapprochant le pays du standard de ses concurrents directs, notamment ceux de l’Afrique dont les champs miniers dépassent parfois les 20 000 km2», explique un opérateur. La durée légale de renouvellement du permis d’exploitation passera à 10 ans au lieu des 4 ans en vigueur.

De l’avis des opérateurs, les mines se caractérisent par un cycle long. Du coup, les business plan sont faits généralement sur 10 ans au minimum. «Parfois avant de démarrer effectivement l’exploitation du gisement, le permis cesse d’être valide, ce qui n’est pas sans poser un sérieux casse-tête aux industriels», concède l’opérateur. Le texte prévoit également de nouvelles précisions quant aux modalités et conditions d’obtention et exploitation des gisements miniers, y compris ceux des phosphates. Le volet répressif du texte a été durci avec, en cas d’infractions, des amendes de 5 000 à 500 000 DH et une peine de prison de 3 mois à 5 ans. Du côté du ministère, l’on insiste sur le fait qu’en l’état actuel des choses, l’engouement pour les exploitations minières est certain, et l’évolution globale des permis octroyés est sur un trend haussier (Voir encadré).