Les professionnels du tourisme de Casablanca demandent un nouveau président pour le CRT

Le mandat du président, Amyn Alami, a expiré en mai 2009. Des associations professionnelles demandent une assemblée générale élective.
Inertie, manque de concertationsÂ…, l’actuel président est très critiqué.
La fédération du tourisme explique le blocage par le manque de moyens financiers.

Les semaines qui viennent promettent une belle empoignade entre les professionnels du tourisme de Casablanca. La cause : le mandat de l’actuel président du Conseil régional du tourisme (CRT), Amyn Alami, est arrivé à terme en mai 2009, soit il y a plus d’un an, sans qu’une nouvelle assemblée généralise élective n’ait lieu. Aussi, ce sont cinq associations professionnelles de la capitale économique qui sont montées au créneau pour demander de nouvelles élections qui ne manqueront pas de susciter de chauds débats.
En effet, dans une lettre adressée au wali à la mi-février, les présidents de ces associations demandent à ce qu’une assemblée générale élective du CRT soit organisée dans les meilleurs délais. Il s’agit de Lahcen Zelmat, président de l’association régionale de l’industrie hôtelière, Ahmed Benkhmis, président de l’association des agences de voyages, Khalid Abbadi, président de l’association des restaurateurs, Rachid Bouamara, président des transporteurs touristiques, Abdelhadi Ghali, président des guides accompagnateurs.
Dans leur correspondance, les représentants des associations regrettent «l’inertie totale dans laquelle est plongé le Conseil régional du tourisme depuis plusieurs années et son irrégularité compte tenu du fait qu’aucune assemblée générale ne s’est tenue pendant tout le mandat de l’actuel président». A ce jour, cette lettre n’a pas encore eu de réponse.
En privé, les présidents de ces associations affirment être marginalisés et estiment que le CRT de Casablanca, «contrairement aux structures similaires de villes comme Fès ou Tanger, ne fait rien, ni pour la destination, ni pour les professionnels».
Pour Ahmed Benkhmis, président des voyagistes, «le président du CRT de Casablanca n’a jamais été élu de manière démocratique et transparente, et l’actuel président Amyn Alami ne fait pas exception à la règle». De son côté, Lahcen Zelmat, président de l’AIH Casablanca, affirme que «les professionnels à travers leurs associations ne sont pas informés des activités du CRT et n’ont pas un droit de regard sur ses activités. Tout se passe entre quelques personnes qui pensent qu’elles n’ont de compte à rendre à personne». A ce titre, il faut signaler qu’à l’occasion de l’Assemblée générale de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) qui a eu lieu le 29 mai à Tanger, l’AIH de Casablanca a demandé officiellement le soutien de la Fédération nationale du tourisme (FNT) et de la FNIH pour convoquer l’AG tant attendue.

Un projet de loi en préparation pour doter les CRT de moyens financiers

Malgré plusieurs tentatives de le contacter en vue d’entendre sa version des faits, Amyn Alami est malheureusement resté injoignable. Quant au directeur général du CRT, Saïd Mouhid, il a fait savoir qu’il ne lui appartient pas de se prononcer sur le sujet. Il indique que ses préoccupations se situent sur d’autres registres, notamment celui de chercher à augmenter les ressources financières du CRT qui restent insuffisantes par rapport aux ambitions de la région de Casablanca.
En revanche, Othman Chérif Alami, président de la FNT, avoue ne pas se réjouir de cette situation. Il abonde à peu près dans le même sens que M. Mouhid en expliquant que le manque de moyens propres est à la base de l’inertie dont parlent les professionnels.
Le président de la fédération affirme qu’on est conscient des blocages, aussi bien à la wilaya qu’au niveau des conseils de la Région et de la Ville. Il précise que toutes ces instances travaillent pour trouver une solution dans les semaines qui viennent. Mais quand bien même on rechercherait un nouveau président, les candidats ne risquent pas de se bousculer au portillon dans la mesure où tous savent d’avance qu’ils n’auront pas les moyens pour mener leurs actions.
Selon Othman Chérif Alami, la FNT a préparé un projet de loi pour institutionnaliser et donner les moyens financiers aux CRT pour leur permettre de remplir leur mission. Il propose que les CRT de taille  moyenne disposent d’un budget de 3 MDH par an et ceux de villes comme Fès et Casablanca, 5 millions. Quant à Marrakech et Agadir, les destinations les plus fréquentées, elles devraient être dotées de 10 MDH. Ces budgets devraient être alimentés par la Région, la Ville et les professionnels, et révisables tous les trois ans. Mais ce ne sont là que des propositions et il n’est pas assuré d’avance que les pouvoirs publics y répondront favorablement. Les professionnels devront donc batailler dur et trouver des relais au sein du gouvernement et au Parlement pour faire entendre leur cause.