Les produits asiatiques, bio et allégés s’imposent sur la table du ftour

Le ftour, varié et consistant, constitue désormais le principal repas de Ramadan. Les soupes ne détrônent pas la harira, mais les nouvelles tendances font leur entrée sur le menu des ménages.

Ftour, dîner et shour ont longtemps constitué les trois repas principaux de Ramadan. Une tendance qui a évolué ces dernières années, et ce pour une raison principale : Ramadan coïncide avec la période estivale et le temps est très réduit entre le ftour et le dîner. D’où de nouvelles habitudes de consommation et une nouvelle organisation des repas. Un grand nombre de familles optent pour un ftour-dîner varié : lait, thé, dattes, jus, viennoiseries, msemen, baghrir, tajine ou grillades et autres salades.

Ces nouvelles habitudes de consommation ont entraîné, selon les commerçants, une forte demande sur certains fruits et légumes. Ainsi, au marché Benjdia, à Casablanca, les marchands de légumes soulignent l’augmentation des ventes de concombre, de salades, de betteraves, de poivrons et de haricot vert. Pour les fruits, outre l’orange, les fruits exotiques, utilisés pour la préparation de jus, connaissent une nette progression. La même tendance est signalée par les poissonniers. Les bouchers, quant à eux, avancent que leurs ventes se concentrent davantage sur les steaks, le foie, le cœur, les côtelettes et les brochettes. Les viandes pour tajine enregistrent un petit recul. Chez la Fonda par exemple, ce sont les charcuteries et les viandes élaborées (steaks farcis, cordons bleus) qui constituent l’essentiel des ventes durant Ramadan.

Au marché du Maârif, on confirme ce changement de consommation avec pour illustration la montée des produits asiatiques : vermicelles de Chine, champignons noirs, riz, maïs, pousses de bambou, germes de soja et sauces diverses. Des produits utilisés pour les nems, les salades asiatiques et les soupes asiatiques. Celles-ci, plus légères que la harira, sont très prisées, semble-t-il, par les jeunes ménages.

Les nutritionnistes recommandent le bio et le diététique

Compte tenu du mode de consommation pendant Ramadan (trop de nourriture en un temps très court, des doses critiques de produits sucrés, de farine et autres aliments acidifiants), les nutritionnistes sensibilisent les consommateurs à l’hygiène de vie et notamment à l’alimentation. De leur côté, les diabétologues, qui connaissent une grande activité durant le mois sacré, appellent à «une alimentation responsable et dosée». Selon le Dr Mohammed Hadi Belghiti, diabétologue à Casablanca, «il faut répartir équitablement les repas entre le ftour et le shour, boire et opter pour les mets allégés, diététiques et faits, dans la mesure du possible, avec des produits bio». Et d’ajouter que «la consommation du bio relève de la prévention contre certaines maladies, notamment le diabète et les maladies cardiovasculaires». Ces préoccupations expliquent l’apparition d’une mode d’alimentation bio et diététique. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le consommateur du bio n’appartient pas toujours aux classes A et B dont les achats peuvent atteindre 4000 DH par semaine. A la Vie Claire, on signale que «des personnes au pouvoir d’achat limité viennent dans nos magasins pour acheter nos produits. Leur panier moyen se situe à 200 DH par semaine».

C’est dans cet objectif de sensibilisation que la Vie Claire et Distribio ont lancé, pour ce Ramadan, un livret de recettes spécial Ramadan mettant en avant les alternatives diététiques et bio. Selon les dirigeants, les consommateurs demandent de plus en plus les huiles riches en oméga 3 (huile colza), les huiles de coco ou encore de sésame qui agisssent contre le cholestérol, les maladies du cœur et le vieillissement, et stimulent la mémoire et l’activité intellectuelle souvent très faible durant Ramadan.

Les consommateurs soucieux de leur taux de glycémie optent, comme alternative au sucre blanc, notamment pour le sirop d’agave ou le sirop d’érable riche en calcium, en fer et en vitamine B1. Et pour une harira légère, la préférence va à la tadouira et à la farine de pois chiches très peu calorique. Les ménagères sont de plus en plus nombreuses à utiliser également, pour leur pain et autres crêpes, des farines faciles à digérer comme les farines de blé intégrale, de sarrasin et de maïs ou encore l’avoine. C’est une petite niche qui prend de l’importance, selon Slim Kabbaj, président de La Vie Claire et Distribio, surtout pendant Ramadan où les repas sont de véritables festins conjuguant le salé et le sucré, le liquide chaud et froid, le gras et le lourd…