Les producteurs de clémentines révisent à  la baisse leurs prévisions d’exportation

Au lieu des 300 000 tonnes annoncées au départ, l’ASPAM ne prévoit plus que 250 000 t. La chaleur et l’absence de pluies ont nui à  la qualité. La demande étrangère a été faible et les cours ont fléchi de 30%.

Après plusieurs jours d’arrêt, les exportations de clémentines ont repris. Une bouffée d’oxygène pour les opérateurs qui prévoient malgré tout une baisse de moitié de leurs revenus. En effet, l’Association des producteurs d’agrumes au Maroc (l’ASPAM) a revu à la baisse ses prévisions pour la campagne 2013-14, qui devrait se solder par l’expédition de 250 000 tonnes au lieu des 300 000 annoncées au départ.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce fléchissement. D’abord, les conditions climatiques de cette saison marquée par des températures élevées. «L’absence de pluies a empêché le fruit de bien évoluer. Le petit calibre qui est difficilement exportable représente plus de 35% de la récolte», explique Ahmed Derrab, secrétaire général de l’ASPAM. Ensuite, la cueillette a été entamée avant l’heure. «Les producteurs ont en fait utilisé le procédé industriel de déverdissage qui a donné une coloration artificielle aux fruits», ajoute M. Derrab. En fin de compte, la qualité n’a pas été au rendez-vous, que ce soit du point de vue du goût, de la teneur en jus ou de la couleur des fruits.
Il est important de savoir à ce propos qu’une grande partie des opérateurs se sont précipités pour démarrer les exportations très tôt. «Chacun d’eux a voulu avoir une longueur d’avance sur ses concurrents, surtout que cette année le tonnage à l’export annoncé a été important», déplore le secrétaire général de l’ASPAM. Le problème est que la demande n’a pas suivi, et ce, en raison d’un climat encore chaud qui régnait à l’époque au niveau des marchés traditionnels, à savoir le Canada et la Russie.

Retardement de la récolte des variétés succédant à la clémentine

L’association de ces facteurs a donné lieu à une accumulation des stocks sur les marchés étrangers. Tout cela a bien sûr un fort impact sur les cours du produit qui ont chuté de 30% en comparaison avec la campagne 2012-13. Sur le marché local, les prix sont aussi au plus bas.
Pour sauver la saison, l’ASPAM et l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE) ont tenu une série de réunions. Outre l’arrêt temporaire des exportations et du déverdissage, le retardement de la récolte des variétés qui succèdent à la clémentine dont «Nour» a également été prévu. Toutefois, le secrétaire général de l’ASPAM déclare qu’une révision de la stratégie globale du secteur s’impose pour minimiser l’impact de ces aléas dans les années à venir.