Les prix ont faiblement augmenté en 2017 malgré la hausse du cours du pétrole

L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,7% au lieu de 1,6% en 2016 et 1,5% prévu pour 2018. L’inflation globale, mesurée par le déflateur du PIB, a quant à elle été contenue à 0,2%, selon l’estimation du HCP.

L’inflation, appréhendée par l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC), a été de 0,7% en 2017, selon la dernière note d’information du HCP sur cet indicateur. Par rapport à 2016, son rythme de progression a été divisé par 2,3. Ce ralentissement peut s’expliquer par une hausse très modérée des prix des produits alimentaires : +0,1% en moyenne sur l’année. Habituellement, c’est plutôt ce groupe de produits qui tire l’inflation vers le haut. En 2017, c’est le contraire qui s’est produit. L’indice des prix des produits non alimentaires, en effet, a, lui, crû de 1,4% en moyenne, tiré notamment par la restauration et l’hôtellerie (+3,2%), l’enseignement comme d’habitude (+2,7%), le transport (+1,7%) et les articles d’habillements et chaussures (+1,4%). Toutefois, lorsqu’on retire du panier de référence les produits à prix volatils et ceux à tarifs publics, l’inflation dite alors sous-jacente ressort à 1%, soit donc 0,3 point de plus que l’inflation globale.

Curieusement, cette hausse extrêmement modérée de l’inflation intervient alors même que le prix du pétrole, dont le Maroc est un importateur net, a connu une remontée en 2017, enregistrant un cours moyen de l’ordre de 54 dollars contre 44 dollars environ en 2016. En France, par exemple, ce qui a fait bondir l’inflation de 0,2% en 2016 à 1% en 2017, c’est, outre les prix de l’alimentation, l’augmentation des prix de l’énergie (+6,2%), selon les indications de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Il est vrai cependant que dans ce pays, la fiscalité sur les carburants pèse sur le prix final.

Au Maroc, si l’on doit tenir compte de l’évolution de l’ensemble des prix, et non plus seulement des prix à la consommation, l’inflation en 2017, telle qu’elle est mesurée par le HCP au moyen du déflateur du PIB, ressort à 0,2% (estimation) contre 1,6% en 2016. Pour 2018, celle-ci devrait augmenter à 1,5% selon le HCP, soit au même rythme que celui de l’indice des prix à la consommation.

Cela dit, le consommateur lambda a probablement une autre perception de l’évolution de l’inflation. Et s’il ne devait, de surcroît, retenir que les derniers prix qu’il a dû acquitter, il aurait certainement le sentiment que l’inflation s’est plutôt accélérée, puisque les légumes ont augmenté de 5,4% au mois de décembre par rapport à novembre et ceux de la viande de 1,3% sur la même période. C’est tout le fossé qui sépare la perception de la réalité, du moins telle que celle-ci est mesurée…