Les prix des dattes sont relativement stables malgré la forte demande

Près de 60 000 tonnes sont importées pour faire face au pic de consommation durant le mois de Ramadan; Entre la production locale et les dattes de différentes origines, le consommateur n’a que l’embarras du choix.

Peu sont les produits fortement consommés durant le mois de Ramadan à ne pas faire l’objet d’une flambée des prix. La datte fait partie de ce club de produits très prisés aux prix relativement stables. Tel est le constat qui ressort d’une visite sur le terrain et des informations recueillies auprès des professionnels de ce marché florissant durant cette période de l’année. Outre le nombre réduit d’intermédiaires par rapport à d’autres marchés, le bon approvisionnement du marché via l’import est la raison principale de la stabilité des prix. «Près de 60 000 tonnes sont importées pour répondre au pic de consommation durant le mois de Ramadan», indique Belhassan Benabdellah, président de la Fédération interprofessionnelle des dattes (Fimadattes). Cette quantité importante qui provient essentiellement des pays maghrébins et arabes équivaut à presque la moitié de la production de l’année 2016, qui était de 128 000 tonnes, à en croire le ministère de l’agriculture.

Selon notre interlocuteur, ce sont les dattes tunisiennes qui sont les plus prisées, suivies des dattes égyptiennes, irakiennes et algériennes. Les dattes saoudiennes et des Émirats sont également de plus en plus consommées en raison de leur rapport qualité/prix et de leurs emballages attractifs.

Ayant fait l’objet d’une campagne de boycott lancée en 2016 par la section marocaine du collectif international BDS (boycott désinvestissement sanctions), les dattes d’origine israélienne ne sont pas visibles sur les étals cette année, à en croire des grossistes. Du moins, pas avec l’indication d’origine de ce territoire puisqu’il a été signalé par le même collectif que ces dattes, sujet à controverse, utilisent des indications d’autres pays à l’instar de l’Afrique du sud pour pénétrer le marché marocain.

De 7,50 à 180 DH le kilo

Au marché de gros de Marrakech, un des plus grands du Royaume, quatre variétés marocaines et plusieurs variétés importées sont proposées à des prix allant de 7,50 DH à 180 DH le kg.

Pour ce qui est des variétés marocaines, la variété Kholt est proposée à des prix allant de 7,50 DH à 35 DH le kg. Le prix est fonction de la qualité et de la fraîcheur du produit. Quant aux variétés Feggous et Tarwaza, elles sont vendues respectivement dans des fourchettes de 40 DH à 70 DH le kg et de 20,50 DH à 40 DH le kg. Pour sa part, la variété Majhoul – une datte très grosse et charnue qui est une véritable star mondiale – est écoulée à partir de 80 DH le kg et jusqu’à 140 DH le kg, voire plus pour une qualité supérieure.

Les variétés tunisiennes sont proposées dans une fourchette allant de 35 DH à 40 DH le kg. Les dattes irakiennes sont les moins chères parmi les dattes importées puisqu’elles sont commercialisées à partir de 11 DH le kg qui peut atteindre 15 DH. Enfin, les prix des dattes égyptiennes vont de 12 à 17 DH le kg. D’après certains grossistes, il faut y ajouter 10 à 15% pour avoir une idée sur ceux des détaillants.
Il y a lieu de rappeler que pour faire booster la phœniciculture, un contrat-programme liant l’interprofession à l’Etat a été signé en 2010. Il vise la réhabilitation et la reconstitution des palmeraies existantes sur une superficie de 48 000 ha et la création de nouvelles plantations à l’extérieur des palmeraies traditionnelles sur une superficie de 17 000 ha.

Les signataires veulent également atteindre une production de 160 000 tonnes, valoriser un tonnage global de 110 000 tonnes dont 70 000 t en dattes fraîches conditionnées, 20 000 t en produits transformés et 20 000 t en aliments de bétail, et développer les exportations de dattes de qualité supérieure pour atteindre 5 000 t en 2020. D’après l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), la superficie du palmier dattier est actuellement de 50 000 ha, soit 77% de l’objectif fixé à 65 000 en 2020.