Les prix de l’huile de table augmentent de 10%

A l’origine de cette décision, l’augmentation de 30% des prix de l’huile brute
Les détaillants n’ont pas encore répercuté cette hausse sur les prix au consommateur
L’évolution du marché dépendra de la récolte de l’Amérique du Sud qui aura lieu entre septembre et octobre prochains.

Subissant, depuis janvier 2007, la flambée des prix de l’huile brute, les opérateurs oléicoles qui espéraient une accalmie ont finalement décidé de revoir à  la hausse leurs prix sortie usine. La répercussion sur le prix consommateur se fera,quant à  elle, à  l’initiative du détaillant et les producteurs disent en ignorer le timing. Un tour dans les circuits de distribution, moderne et traditionnelle, a permis de constater en effet que les étiquettes ne sont pas encore modifiées.

Dans tous les cas, du côté des producteurs, la décision est irrévocable. «Aujourd’hui, il nous faut réagir car les marges sont de plus en plus faibles en raison du maintien de la tendance à  la hausse des cours de l’huile brute », déclare Ahmed Rahhou, PDG de Lesieur Cristal. C’est d’ailleurs la filiale du groupe Ona, leader du marché des huiles, qui a donné le ton en décidant d’une augmentation d’un dirham par litre étalée entre avril et juin. «Nous ne pouvons procéder à  une hausse brutale, nous allons lisser cette augmentation sur trois mois en espérant que les prix de la matière première finiront par se stabiliser », explique M. Rahhou.

Savola applique une augmentation de 18% d’un coup
Démarche identique chez le groupe Belhassan qui revendique 28% du marché. «Nous nous sommes alignés sur Lesieur Cristal en adoptant une hausse d’un dirham le litre que l’on applique progressivement entre avril et juillet», renchérit Ahmed Belhassan, DG du groupe.

Savola Maroc a, pour sa part, pris une mesure radicale. «Depuis quatre semaines, le prix de notre caisse de 15 litres (sortie usine) est passé de 110 à  130 DH», indique Zakaria Aakil, le DG de la filiale du groupe saoudien qui a appliqué d’un coup une augmentation de 18% ! Pour l’instant, seul le groupe Aà¯cha fait l’exception.

Ses responsables expliquent en substance que l’entreprise, qui n’a aujourd’hui qu’une petite production d’huile de table, s’est gardée de répercuter cette hausse pour préserver la petite part de marché qui lui reste. Ce groupe, hors course aujourd’hui en «raison de la bataille que se livrent Lesieur Cristal et Savola Maroc, s’est surtout positionné sur la production d’huile d’olive pour l’exportation», soulignent les mêmes sources qui ajoutent que le groupe relancera la production d’huile de table «lorsqu’ils arrêteront de se faire la guerre !»