Les prisonniers nourris par Eurest : 12,80 DH par détenu et par jour

L’opération test a démarré en octobre
dans les deux prisons de Kénitra et durera
trois mois.
La préparation est effectuée sur place par
des détenus qui bénéficient par la même occasion d’une
formation de cuisinier.

Nourrir les prisonniers de manière décente, éviter aux familles, souvent de milieux défavorisés, des déplacements quasi hebdomadaires et des dépenses additionnelles : voilà ce que vise l’expérience pilote du ministère de la justice qui a décidé de sous-traiter à Eurest Maroc la restauration des détenus incarcérés dans les deux prisons de Kénitra. L’expérience qui a démarré en octobre 2006, suite à un appel d’offres, durera trois mois avant d’être éventuellement généralisée. A en croire Karim Rahal, président du groupe Manzah Diafa, entré récemment dans le capital d’Eurest, l’adhésion au concept, aussi bien par les détenus que leurs familles, est perceptible. Il n’y a, affirme-t-il, qu’à voir le menu (voir encadré) pour s’en convaincre : de la viande quatre fois par semaine et des légumes secs ou frais tous les jours.
Cependant, pour Eurest Maroc, ce marché ne peut être rentable que s’il est généralisé à toutes les prisons. En effet, l’appel d’offres avait été lancé sur «la base d’un prix par personne et par jour pour les trois repas». Moins-disant, avec 12,80 TTC par prisonnier et par jour, le restaurateur a remporté ce marché.

Il faut aussi savoir que les repas ne sont pas livrés de l’extérieur, mais préparés sur place par des détenus volontaires qui suivront par la même occasion une formation aux métiers de la cuisine et se verront délivrer un certificat à la fin de la période de formation.

Une cellule de veille pour assurer le suivi
Pour réaliser l’opération sur place, Eurest Maroc et le ministère ont investi dans des unités mobiles qui permettent de respecter la chaîne thermique et les normes d’hygiène et de sécurité alimentaire.
Une cellule de veille et de contrôle a été mise en place par le ministère de la justice pour assurer le suivi et l’évaluation de cette expérience pilote. Pour le moment, 9000 repas sont servis quotidiennement.
Notons quand même qu’il y a quelques résistances à l’intérieur même de l’établissement. Normal, estime-t-on, puisque, par le passé, le budget alloué à la nourriture des prisonniers n’était pas, nous dit-on, entièrement consacré à cette fin pour la simple raison que beaucoup de pensionnaires ignoraient la gamelle et se contentaient de consommer ce que leurs familles leur faisaient parvenir dans le fameux couffin (qui ne contient pas toujours que de la nourriture…)

Acteurs
Ils ont droit à des repas équilibrés

-Au petit-déjeuner, les détenus ont le choix entre le café et le thé en plus de 100 g de pain accompagné en alternance de beurre, confiture, huile d’olive ou fromage.
– Le déjeuner comprend une garniture, un plat de résistance, un dessert et un pain de 200 grammes. 4j/7, les repas sont composés en alternance de viande de bœuf, de dinde, de poulet ou de poisson, le tout assorti d’une garniture de pommes de terre, de légumes secs ou de légumes frais en sauce. Pendant deux jours, ils ont droit aux œufs pour le plat principal qui, une fois par semaine, sera constitué de légumes secs (lentilles ou haricots). Pour le dessert, il est prévu des fruits de saison 5 j/7 et les deux jours restants il y aura du yaourt ou du fromage. Au dîner, le menu comprend un potage ou une «harira» ou du riz au lait avec un pain de 200 grammes et éventuellement environ 70 grammes de viande.