Les priorités du nouveau Conseil de la ville de Casablanca

Un plan d’action est adopté en concertation avec la TGR et la Direction régionale des impôts pour améliorer la procédure de recouvrement. Pour rationaliser la distribution des ressources, tous les arrondissements adopteront le même modèle d’organigramme.

La Commune urbaine de Casablanca vient de voter son budget pour l’année 2016 avec une majorité écrasante de 90 voix. Il est en hausse de 10,4% par rapport à l’exercice précédent, à 3,454 milliards de DH, alors que selon les déclarations de Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, les augmentations ne dépassaient pas 1% auparavant. A travers ce budget, le nouveau bureau exécutif de la CUC conduit par le PJD veut clairement marquer son arrivée. On peut pourtant espérer encore plus pour les années à venir. En effet, selon Abdessamad El Haykar, 1er vice-président du Conseil de la ville, «le budget 2016 est spécifique, d’abord parce qu’il est transitoire et, ensuite, parce qu’il est adopté en l’absence d’un programme de travail». Le budget de 2017 sera par contre préparé sur la base d’un programme de travail quinquennal qui sera adopté lors de la session d’octobre 2016.

La CUC n’attend pas cette échéance pour travailler à l’amélioration de ses ressources financières, notamment les recettes propres. La nouvelle équipe du Conseil de la ville compte ainsi améliorer le recouvrement et élargir l’assiette fiscale. «Le bureau exécutif a procédé à la réactivation du partenariat avec les institutions fiscales, la Trésorerie générale du Royaume (TGR) et la Direction régionale des impôts, sur la procédure du recouvrement», fait savoir M. El Haykar. Il précise qu’une série de réunions a été tenue avec le Trésorier régional et le directeur régional des impôts pour l’application de la convention portant sur l’implication des deux administrations dans la récupération des créances de la ville. Ces réunions ont permis de mettre en place un plan d’action déjà validé par les présidents des arrondissements.

La masse salariale absorbe 36% du budget

Les équipes d’El Omari tablent aussi sur une meilleure gestion du patrimoine de la CUC pour augmenter les recettes. La preuve, depuis leur arrivée elles ont organisé trois réunions avec Casa Patrimoine, société de développement locale chargée de la gestion des biens de la ville, en présence des présidents des 16 arrondissements. Bien que ce dossier soit difficile à résoudre à cause des lobbys, «nous restons optimistes puisque ce nouveau bureau a le privilège d’avoir l’appui des présidents des arrondissements dont 12 sont du PJD et 3 de son allié, le RNI», se rassure le 1er vice-président.

L’augmentation du budget permettra à l’équipe d’El Omari de réaliser de nombreux projets ambitieux. Il s’agit principalement de l’amélioration des services de proximité, les services sociaux et l’animation culturelle et sportive. Dans cet esprit, la dotation accordée aux arrondissements a connu une évolution significative puisqu’elle passera de 118 MDH en 2015 à 345,5 MDH en 2016, soit 10% du budget global. Cette décision sera toutefois accompagnée de mesures de contrôle rigoureuses.

Parallèlement, le conseil a fixé une enveloppe de 278 MDH (8,05% du budget) pour rembourser des dettes. Et pour réduire les dépenses, certains postes de charges seront optimisés. C’est le cas de la masse salariale. Bien que le nombre des fonctionnaires soit tombé de 23 000 à 14 000, la rémunération continue d’absorber plus du tiers du budget, soit 1,253 milliard de DH en 2016 (36%) contre 1,329 milliard en 2015. C’est pourquoi le nouveau bureau a fait du dossier des ressources humaines une priorité. Sur ce volet, tous les arrondissements adopteront un même modèle d’organigramme axé sur une distribution rationnelle des ressources humaines. Des fiches de postes seront établies pour harmoniser les services au niveau de tous les arrondissements. Et ce n’est pas tout. «Nous comptons entamer des pourparlers avec le chef de gouvernement en vue d’octroyer aux fonctionnaires de Casablanca un statut spécial», déclare le 1er vice-président. «Il est illogique qu’un secrétaire général ou chef de service au niveau de la CUC reçoit les mêmes indemnités qu’un fonctionnaire occupant le même poste dans des communes urbaines de petites et moyennes tailles. Si nous réussissons à assurer à nos fonctionnaires un niveau de salaire conforme à leurs compétences et à leurs missions, nous allons les motiver et augmenter leur rendement», explique-t-il. A l’évidence, pour les équipes d’El Omari, le budget seul ne suffira pas pour atteindre les objectifs. Le vrai changement passe aussi par l’engagement des troupes.