Les premiers projets de la Cité d’innovation d’Agadir

Séchoir hybride pour le séchage contrôlé des produits du terroir, musée virtuel de météorites, métallisation du plastique et de la céramique, impression en 3D de prothèses, la Cité d’innovation de Souss-Massa, inaugurée par SM le Roi la semaine dernière, est la première du genre au Maroc. Elle réunit en un même lieu un centre de recherche et un incubateur d’entreprises innovantes.

Inédits et avant-gardistes. C’est ainsi que l’on peut qualifier les premiers projets en développement dans la Cité d’innovation de Souss-Massa. L’infrastructure inaugurée par S.M. Mohammed VI, jeudi dernier, est déjà une plateforme R&D qui foisonne d’idées ingénieuses. Composé de six laboratoires, cet espace est dédié notamment à l’identification et l’analyse des entités naturelles, l’analyse des résidus, la biotechnologie et la santé ainsi que le changement climatique et le développement durable. Il s’agit aussi d’industrie Lab et d’un laboratoire pour la recherche sur l’eau, l’énergie et les énergies renouvelables.

Pour l’heure, dans ces espaces de recherche à la pointe de la technologie quatre projets sont développés. Il s’agit notamment de la métallisation du plastique et de la céramique et d’un musée virtuel des météorites. L’impression en 3D de prothèses et de cathéters à travers un projet baptisé Medical 3D Agadir ainsi qu’un séchoir hybride pour le séchage contrôlé des produits du terroir sont les autres projets de recherche en développement dans l’établissement, précise Hind Mouhanni, professeur chercheur à la Cité d’innovation de Souss-Massa. L’ensemble de ces projets ont été sélectionnés par une commission universitaire. La Cité d’innovation se positionne dans ce cadre comme une structure d’aide à la création à travers des espaces et des outils techniques et technologiques mis à disposition des chercheurs. C’est également une infrastructure visant la promotion de l’entrepreneuriat via un processus d’incubation, souligne Majid Aït Yaaza, directeur de la Cité d’innovation. C’est aussi une plateforme qui offre à toute entité morale porteuse d’une idée novatrice un cadre où entreprendre de la R&D. Elle rapproche, par ce fait, la recherche scientifique et le tissu entrepreneurial et permet la valorisation des résultats de la recherche scientifique au profit des secteurs économiques et des écosystèmes industriels de la région.

Pour son démarrage, la pépinière qui dispose d’une capacité d’accueil de 35 entités, abrite des clusters, trois structures d’accompagnement et des entreprises émergentes. Pour l’heure, les clusters implantés sur les lieux sont l’Agrotech, l’Haliopole et Logipole. Sont installées aussi dans cette enceinte Réseau Entreprendre – Agadir, Association initiative Souss-Massa et X-HUB. Ceux-ci ont pour voisins dans les lieux, 14 start-up porteuses de projets novateurs. Agri 4.0 est l’un de ces jeunes pousses. Cette entreprise émergente a pour activité le développement de l’intelligence artificielle au niveau des fermes agricoles à travers des capteurs d’aide à la décision à distance pour une intervention efficace au niveau des cultures. Il s’agit ainsi d’appliquer dans l’activité une gestion rationnelle des énergies de manière à réduire les charges d’exploitation des structures agricoles et réaliser une gestion optimale de l’activité, explique Fouad Tabit, fondateur et dirigeant de Agri 4.0.

De son côté, Moussasoft est une autre start-up installée dans la Cité d’innovation Souss-Massa. Spécialisée également dans les nouvelles technologies, la jeune entreprise développe des solutions électroniques sur mesure. Elle est aussi dédiée à la conception et l’impression en 3 D de prototypes. Parmi ses projets en développement aujourd’hui, un boîtier de recharge automatique de solde pour le téléphone cellulaire, précise Lahoussaine Moussa, fondateur et dirigeant de Moussasoft.

Dans la cité d’Innovation Souss-Massa, le challenge est double pour Adam Bouhadma. Le jeune entrepreneur a installé dans l’infrastructure sa start-up Education Media Company dédiée à l’accompagnement des jeunes. Partenaire des écoles supérieures et universités dans leurs actions de communication et marketing en ligne, cette plateforme édite notamment la plateforme d’éducation et d’orientation 9rayti.Com. En outre, M. Bouhadma pilote dans les lieux la structure Média Lab portée par une entité associative et financée par l’Union Européenne pour former des jeunes à la production de contenus médiatiques, indique-t-il.

Pour rappel, la Cité d’innovation Souss-Massa a absorbé pour sa réalisation un investissement global de 42 MDH. C’est un projet abouti mené par l’Université Ibn Zohr en partenariat avec le Conseil régional de Souss-Massa et le ministère du commerce et de l’industrie, à travers une contribution respective de 12 et 15 MDH. Les 15 MDH restants étant financés par le ministère de l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, la gestion de l’infrastructure est confiée à MITC (Moroccan information Technopark company).

L’édifice étalé sur une superficie de 4 900 m² abrite outre le centre de recherche et les locaux dédiés aux start-up et clusters, des espaces de travail collaboratif à disposition des talents de la région Souss-Massa. L’établissement offre également des salles de réunion et de formation, un espace co-working, et un autre de documentation, ainsi qu’un guichet unique facilitant les démarches administratives pour les entreprises. Le tout est doté d’équipements de nouvelle génération, dans un design moderne et épuré.

Concrétisation effective de la déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle (PAI), l’infrastructure est la première du genre à l’échelle du Royaume à réunir en un même lieu un centre de recherche et un incubateur d’entreprises innovantes. Aujourd’hui, c’est donc un pont entre le milieu de la recherche et le tissu économique que l’on ne cesse de vouloir rapprocher et un bel élan pour le développement de start-up innovantes et plus globalement un moteur pour l’évolution technologique de l’industrie dans la région.