Les pommes de terre resteront chères cette année

Les importations de semences sont en baisse à  cause d’une faible disponibilité et d’un prix élevé.

Durant les prochains mois, la ménagère paiera-t-elle la pomme de terre aussi cher qu’elle le fait depuis le mois de novembre dernier, mois à  partir duquel le prix au détail a culminé à  9 DH/kg ? Il est permis de le penser au vu du déroulement de la campagne de plantation. En effet, les producteurs se heurtent à  un problème de taille : la pénurie et la cherté des semences, facteurs qui se répercuteront à  terme sur la production et donc sur les prix. Alors qu’il se négocie habituellement entre 5,50 et 7 DH, le kilo de semences se situe entre 9,50 et 10 DH chez les importateurs et atteint même 10 à  12 DH du côté des intermédiaires.

35 000 ha seront dédiésà  la pomme de terre cette année contre une moyenne de 52 000 ha
A l’origine de cette situation, il y a la conjugaison de plusieurs facteurs. D’abord, la baisse des disponibilités, due à  une réduction de 10 à  15 % des superficies consacrées à  ce type de semences dans les principaux pays fournisseurs – Hollande, Ecosse et France. Ensuite, la sécheresse de juin-juillet 2006 en Europe a entraà®né une baisse des rendements à  l’hectare. Enfin, la forte demande sur le marché international (Portugal, Algérie, Egypte, Israà«l) a contribué à  accentuer la pénurie.

Selon Allal Chibane, de la direction de la production végétale (DPV) du ministère de l’agriculture, les superficies consacrées à  la production de saison principale sont de 35 000 ha environ sur les 52 000 cultivés en moyenne chaque année (toutes productions confondues). Cette année, la superficie risque de chuter en raison du prix et du déficit pluviométrique, certains producteurs comptant en partie sur la pluie pour leur culture. Pour assurer cette production le Maroc importe habituellement 40 000 à  45 000 t de semences. Mais pour cette année, les prévisions d’importations sont de 30 000 à  33 000 tonnes seulement, les 10 000 tonnes de pommes de terre locales de petit calibre servant de semences d’appoint ayant été vendues en tant que produit de consommation sur le marché local en raison des prix intéressants. Résultat : faute de production suffisante, la pomme de terre restera chère cette année.