Les polycliniques CNSS se refont une santé

Taux d’occupation en hausse et recul du déficit
A fin 2006, la gestion en sera confiée au privé.

Les indicateurs des 13 polycliniques gérées par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) passent au vert. Il semble que le programme dit de réhabilitation, établi en 2002 et destiné à redorer le blason de ces structures sanitaires, ait fait ses preuves. En tout cas, le bilan dressé par le directeur du pôle Unités médicales de la CNSS, Chakib Tazi Sidqui, laisse apparaître une situation satisfaisante, même si l’assainissement n’est pas achevé. M.Tazi Sidqui retient que le taux d’occupation des polycliniques est passé de 36% en décembre 2002 à 41% à fin août 2003. Cette hausse a même touché l’unité de Settat dont le taux d’occupation était le plus bas puisqu’il est passé de 15 % à 23 %.

Les assurés sociaux assurent 27% des ventes contre 12% il y a neuf mois
Globalement, cette hausse du taux d’occupation pourrait s’expliquer par l’amélioration des prestations ainsi que par leur réorientation vers les assurés sociaux.
Une nouvelle tarification et une offre plus large des soins ont été en effet mises en place.Les polycliniques ont opté pour des tarifs forfaitisés et une prise en charge de 50% des frais engagés pour les soins ambulatoires et les hospitalisations.
Par ailleurs, le renouvellement des équipements médicaux, dont le coût s’est élevé à 70 MDH, a permis d’étendre l’offre de soins que la CNSS a tenu à réorienter vers ses assurés sociaux. «Cette deuxième mesure du plan de réhabilitation s’imposait car les prestations des polycliniques profitaient davantage à des personnes tierces qu’aux assurés sociaux qui financent le système», indique le directeur des Unités médicales. Les prestations servies aux assurés sociaux représentaient, à fin août 2003, 181 MDH, soit 27,42 % du chiffre d’affaires global des polycliniques contre 12 % en décembre 2002.
Autre indicateur du redressement : la baisse du déficit. De 500 MDH avant la mise en œuvre du programme, il se situait à 316 millions en décembre 2002. Les prévisions tablent sur une autre baisse de 20 % à la fin de l’année en cours.
Le redressement des polycliniques s’est également opéré grâce à une rationalisation des charges, notamment au niveau des salaires. Le nombre de salariés est passé de 3 000 à 2 260. 740 personnes ont ainsi quitté les 13 polycliniques dans le cadre d’un plan social.

La phase ultime de l’assainissement des polycliniques démarrera en octobre prochain.
Les comptes seront totalement assainis à l’horizon 2006 et la gestion des polycliniques confiée au privé. Cette option, qu’avait retenue le conseil d’administration de la CNSS en avril 2002, est aujourd’hui une disposition légale. L’article 44 de la loi réglementant l’AMO stipule en effet que le prestataire de soins ne peut être également assureur.