Les polycliniques CNSS passent à  la gestion déléguée : l’appel d’offres lancé ce mois-ci

– Le cahier des charges sera prêt avant la fin de l’année et le processus de cession sera bouclé avant juillet 2008.
– Des contacts ont été noués avec des groupes français et espagnols intéressés par le dossier. Pas de prétendants marocains

Dernière ligne droite pour la gestion déléguée des 13 polycliniques de la CNSS (Caisse nationale de la sécurité sociale). Selon Saà¯d Ahmidouch, DG de la caisse, l’appel à  manifestation d’intérêt sera lancé en octobre. Le cahier des charges, actuellement en cours de finalisation, sera validé avant la fin de l’année. Une opération importante s’il en est puisque la gestion déléguée des polycliniques – qui marquera l’aboutissement du processus d’optimisation du fonctionnement de la CNSS entamé à  la fin des années 90 – sera concédée à  un seul opérateur.
Pour l’heure, des contacts sont noués avec des prétendants français et espagnols. Le patron de la CNSS reste discret sur le nombre de prétendants, mais il ne manque pas de préciser qu’«il s’agit de professionnels qualifiés dans la gestion des établissements de soins». Dans la foulée, il souligne qu’il n’y pas de prétendants marocains compte tenu de l’inexistence de sociétés spécialisées dans ce domaine. Toutefois, M. Ahmidouch n’écarte pas la présence d’institutionnels nationaux dans le tour de table du gestionnaire.
En chantier depuis plus de quatre années maintenant, la gestion déléguée de ces unités médicales, créées au début des années quatre-vingt, a, de l’avis de certains observateurs, pris du retard sur le calendrier initial qui prévoyait sa mise en Å“uvre, avant le démarrage de l’assurance maladie obligatoire. La raison en est que la CNSS ne peut pas cumuler sa mission de gestionnaire du nouveau régime de couverture médicale avec celle de prestataire de soins. La direction de cet organisme refuse pourtant de parler de retard. Elle tient à  souligner que «la gestion déléguée doit se faire sur une période transitoire de 3 ans à  partir de la publication des textes d’application de l’Amo. Celle-ci est intervenue le 25 juillet 2005, ce qui signifie que le processus de cession doit être bouclé avant le 25 juillet 2008».

Des services seront mis en commun

Aujourd’hui, la machine est lancée puisque la mise à  niveau des polycliniques a démarré. «Cette étape est déterminante puisque nous devons parer notre mariée de ses plus beaux atours afin de pouvoir la présenter aux prétendants et négocier avec eux», explique M. Ahmidouch. La mise à  niveau se fait sur la base des recommandations de l’audit des 13 unités médicales, effectué au début des années 2000. Deux grands axes ont été retenus : la restructuration des polycliniques et leur mise en réseau.
La restructuration vise «la rationalisation de la gestion des polycliniques ainsi que le choix d’une stratégie médicale adaptée aux besoins», précise-t-on à  la CNSS. Pour cela, des procédures de travail ont été définies et mises en place. Un programme de formation du personnel a également été lancé. La rationalisation de la gestion implique, elle, une sélection des métiers et des services que peuvent offrir ces unités médicales. «Jusqu’ici, les 13 polycliniques ont travaillé de façon autonome et indépendante. Aujourd’hui, pour une plus grande efficacité, il nous faut faire jouer toutes les synergies possibles», confie le directeur général de la CNSS.
C’est la mise en réseau des 13 polycliniques, deuxième grand axe de la mise à  niveau, qui favorisera la création des synergies. L’idée qui sous-tend ce deuxième chantier de la mise à  niveau est de gérer en commun certains services selon une logique régionale pour mettre en réseau les 13 unités. Parmi les services potentiels, on retiendra la radiologie ou encore la biologie. Ce regroupement d’activités permettra de rationaliser et de maà®triser les coûts ainsi que les effectifs.

Un réaménagement des ressources humaines sera opéré

A ce propos, il importe de rappeler que le sureffectif des polycliniques a souvent été pointé du doigt. Cependant, le directeur général de la CNSS ne manque pas de relever que «les polycliniques sont également en sous-effectif car nous manquons de certains profils. C’est pourquoi la mise à  niveau englobe aussi des réaménagements au niveau des ressources humaines».
Ce réaménagement touchera aussi bien le personnel administratif que les médecins. Le plan social mis en place (voir rubrique «En direct» p. 6) prévoit le départ de médecins, particulièrement des généralistes. Toutefois, ils pourront continuer à  travailler dans les polycliniques en tant que vacataires et seront rémunérés à  l’acte, ou pourront utiliser le plateau technique des polycliniques pour traiter leurs malades.
Le départ des médecins permettra un allègement des dépenses de fonctionnement des polycliniques et plus particulièrement de la masse salariale qui atteint actuellement 500 MDH par an. Tout ce plan de rationalisation permettra en fin de compte de résorber ou au moins de réduire le déficit global, qui se monte à  un million de dirhams par jour.
Ces deux chantiers de la mise à  niveau constituent un préalable indispensable pour «être dans les meilleures conditions de négociation avec les éventuels prétendants, d’une part, et, d’autre part, pour nous permettre d’aller nous-mêmes à  la recherche d’éventuels partenaires», explique le patron de la CNSS. Et de conclure : «Notre objectif est de faire de ces polycliniques des unités de soins performantes»