Les PME ne paieront que 10 % des frais de formation

Les programmes ont été adaptés aux besoins des entreprises.
Des centres ont été directement implantés dans des zones industrielles.

C’est parti : le programme du gouvernement visant à former 400 000 jeunes à l’horizon 2007 est entré dans sa phase d’application. La rentrée 2003/2004 a en effet démarré dès ce mois d’octobre, alors qu’auparavant elle débutait vers la fin novembre.

Le nombre de stagiaires passe de 57 000 à 92 000
Pour passer de 57 000 à 92 000 stagiaires, l’office s’est essentiellement appuyé sur l’application du système de roulement et le réajustement des durées de formation afin de dégager le maximum de places pédagogiques. De plus, une vingtaine d’établissements ont été créés, dont treize sont déjà opérationnels. Autre point important à noter : le doublement de la capacité d’accueil, qui aurait pu générer des dépenses énor-mes, a au contraire été opéré dans une stricte logique de rationalisation et d’optimisation des moyens matériels et humains existants. Ainsi, confie Larbi Bencheikh, Dg de l’OFPPT, grâce au redéploiement du personnel formateur, l’office a pu, par exemple, se passer du recrutement de 600 formateurs, prévu au départ, ce qui s’est traduit par une économie de 54 MDH.
Evidemment, il ne s’agit pas de former pour former, mais d’offrir aux entreprises des ressources humaines de qualité. D’où la mise en place de programmes de formation nouveaux, de centres de perfectionnement des formateurs, d’un système d’évaluation des stagiaires et d’une certification (IS0 9001/2000) des établissements. A ce propos, le DG de l’OFPPT ne cache pas que son objectif,
in fine, est de faire carrément de l’office une entreprise de service. C’est dans ce sens d’ailleurs que les contrats spéciaux de formation (les fameux CSF) ont été réformés: il s’agissait non seulement d’en rationaliser la gestion, mais aussi de répondre aux besoins des entreprises, en particulier des PME/PMI. Pour encourager ces dernières à mettre à niveau leurs ressources humaines, l’office finance désormais 90 % des frais de formation et l’entreprise seulement les 10 % restants, à condition cependant que cela intervienne dans le cadre d’une formation sectorielle ; les plans de formation présentés par chaque entreprise, individuellement, étant financés à hauteur de 70 %. De la même manière, et pour coller au maximum aux besoins de l’entreprise, une bonne partie des nouveaux établissements est installée à proximité de zones industrielles (à Tanger, Salé, Casablanca, Had Soualem, Marrakech, Agadir…).
Gain de 120 MDH grâce à la création de complexes de centres de formation
Mais pour mener à bien ce gigantesque chantier, celui de revoir l’ensemble du dispositif dans l’optique de former (et bien former) 400 000 jeunes en quatre ans, la mise en place d’un certain nombre de mesures d’accompagnement a été jugée nécessaire. Parmi ces mesures, on note la réorganisation de l’office (tant au niveau des services centraux, territoriaux que régionaux), confiée au cabinet KPMG. L’office a également décidé de mutualiser les moyens matériels et humains à travers la création de complexes regroupant plusieurs centres de formation, ce qui a permis, à ce jour, la réalisation de gains de près de 120 MDH.
Parallèlement, un nouveau statut pour le personnel de l’OFPPT (qui s’est traduit par une hausse des salaires allant de 20 à 60 % pour un montant global de 150 MDH sur quatre ans) a été adopté