Les plans épargne défiscalisés ne rencontrent pas le succès escompté

Presque toutes les banques annoncent des réalisations commerciales en-dessous des ambitions initiales. Les incitations fiscales jugées trop peu attractives.

Démarrage laborieux pour les plans épargne. Introduits par la Loi de finances 2011, ces instruments de placement déclinés pour l’éducation (PEE), le logement (PEL) et l’action (PEA) font manifestement moins d’émules que prévu.
De tous les établissements de la place contactés par La Vie éco, seul Attijariwafa bank avance des réalisations en ligne avec les ambitions commerciales. Pour les deux produits commercialisés, le PEA et le PEL, «les souscriptions se comptent déjà en dizaine de milliers d’unités», affirme Driss Maghraoui, directeur du pôle distribution des produits et marchés au sein de la banque. Mis à part cette exception, la mayonnaise n’a visiblement pas encore pris. «La clientèle n’est pas aussi réceptive qu’on l’avait prévu. Le nombre de souscriptions réalisées jusqu’à présent se chiffre en centaines», rapporte-t-on à la BCP. A la Société Générale, l’on confie à demi-mot que «les solutions pour le logement et l’éducation réalisent des ventes moyennes tandis que le PEA ne décolle pas». Quelques milliers de souscriptions encore sont à mettre à l’actif de BMCE Bank, dont 70% portent le PEE. A la société de Bourse CFG Group, où seul le PEA est commercialisé, le faible rythme des ventes a poussé le management à revoir ses objectifs.

Pour le PEE, les solutions proposées par les assurances paraissent plus avantageuses

«Initialement, nous espérions équiper 20% de notre clientèle en PEA d’ici la fin de l’année, mais nous avons dû reporter cet objectif à fin 2012», explique Zineb Smirès, directeur commercial chez CFG Group.
Qu’est-ce qui explique ce manque d’engouement ? Le contexte boursier justifie le flop des PEA. Pour rappel, cet avantage consiste en l’exonération des profits réalisés dans le cadre du PEA dans la limite d’un total de versements de 600 000 DH conservé pendant cinq ans. C’est dire que le succès du produit sera acquis dès que la Bourse retrouvera la forme.   
Pour les PEL, en revanche, «les clients ont du mal à admettre la multiplicité de contraintes qui ne donnent au final droit qu’à un avantage fiscal limité», explique-t-on au sein de la BCP. Ces avantages consistent essentiellement en l’exonération des intérêts capitalisés sur un montant de  300 000 DH à conserver pendant trois ans. Quant au PEE, «il est systématiquement comparé aux contrats d’assurance éducation par la clientèle, et il en ressort un avantage évident pour les seconds», explique un responsable commercial dans une banque. Les solutions proposées par les assureurs paraissent effectivement plus avantageuses puisque les versements qui y sont faits sont déductibles de l’IR, ce qui n’est pas le cas pour les PEE.