Les plans d’épargne défiscalisés ont à  peine mobilisé 150 millions de DH

Le PEL, avec 33.8 millions de DH, est celui qui a mobilisé le moins de fonds. Le PEA semble pà¢tir des contre-performances de la Bourse de Casablanca. La culture de l’épargne encore peu répandue dans la société.

Trois ans après leur institution par la Loi de finances de 2011, les trois fameux plans d’épargne défiscalisés (actions, logement et éducation), commercialisés depuis par les banques, les sociétés d’assurance et de réassurance et la CDG, peinent toujours à séduire les Marocains. Selon le dernier bilan du ministère des finances, les trois produits ont drainé à fin 2013 un montant inférieur à 150 MDH (149,34 millions de DH plus exactement). Curieusement, le plan d’épargne logement (PEL) est celui des trois qui a mobilisé le moins d’épargne : 33,8 millions de DH. Les Marocains, dit-on, aiment posséder leur logement, et là ils ne paraissent pas particulièrement intéressés par le produit conçu à cette fin. Peut-être faudrait-il mettre ce faible engouement pour le PEL sur le compte de ses caractéristiques; entre autres, un taux d’intérêt minimum applicable aux dépôts en comptes sur carnet (3,62% sur le premier semestre 2014, selon Bank Al-Maghrib), majoré de 50 points de base au moins. Mais surtout, à l’obligation pour l’épargnant de contracter un crédit bancaire pour pouvoir financer l’achat ou la construction de son logement. Car la clientèle visée par ce type de produit n’a de toute façon pas les moyens d’effectuer des versements conséquents pour pouvoir, dans les temps, atteindre le plafond fixé à 400 000 DH (à supposer même que ce montant suffise à acheter ou construire une maison).

Le plan d’épargne éducation a drainé
50 millions de DH

Ce type de clientèle a la possibilité de se tourner vers le logement social, qui bénéficie de conditions bien meilleures.
Le plan d’épargne action (PEA) a, lui, mobilisé 65,5 MDH en trois ans. C’est mieux que le PEL mais ça reste très insuffisant. Les analystes, en général, attribuent cette faible performance au recul enregistré par la Bourse de Casablanca depuis 2010 et à l’absence de nouvelles introductions sur le marché.

Enfin, le plan d’épargne éducation (PEE) a quant lui drainé un peu plus de 50 MDH. Comme le PEL, le taux d’intérêt servi est adossé à celui applicable aux comptes sur carnet, majoré d’un bonus de 0,5 point. Globalement, ces trois produits n’ont donc pas vraiment suscité une grande adhésion des épargnants ; peut-être faudrait-il envisager de «retoucher» certaines des conditions et avantages dont ils sont assortis et aussi mieux les faire connaître. N’oublions pas que la culture de l’épargne, en particulier dans sa version moderne (passage par le circuit financier, rémunération par taux d’intérêt, etc.) n’a pas encore pénétré les profondeurs de la société, laquelle continue dans une grande proportion de privilégier le placement dans des actifs traditionnels comme l’immobilier. Sans parler de ceux qui, il doit y en avoir, en sont encore au stade de la thésaurisation…