Les pilotes des ports exigent un nouveau statut et menacent de bloquer l’activité

Ils protestent contre les promesses non tenues de la part du ministère de l’équipement et ont décidé de réduire leur temps de travail

Casablanca et Jorf Lasfar non concernés.

Décidément la loi 15/02 libéralisant l’activité portuaire entrée en vigueur en décembre 2006 n’a pas fini de faire des mécontents. Après les dockers affiliés à l’UMT (Union marocaine du travail), c’est au tour des pilotes maritimes exerçant dans certains ports du pays de monter en première ligne. Selon Najim Naji, secrétaire général du SNPM (Syndicat national des pilotes maritimes) affilié à l’UMT, les membres demandent un nouveau statut, car leur situation actuelle de salariés de la Sodep (Société d’exploitation des ports) et de l’ANP (Agence nationale des ports), ne leur permet pas d’exercer leur activité dans une stricte neutralité vis-à-vis des armateurs. A cela s’ajoute des promesses faites avant l’entrée en vigueur de la réforme par le ministère de l’équipement mais non tenues (augmentations de salaires, affiliation à l’agence et pas à la Sodep…)

Pour faire avancer leur cause, les pilotes ne menacent pas de grève, mais évoquent la stricte application de la législation du travail. Autrement dit, ils veulent s’aligner sur les horaires de l’administration, en travaillant les 44 heures par semaine stipulées par le Code du travail, soit de 8h à 16h avec une journée de repos le dimanche. Ce qui, pour l’activité portuaire censée se dérouler 24h/24 relève du domaine de l’insolite, comme l’est d’ailleurs toute cette histoire. Car, si l’on exclut les pilotes privés (non concernés par le problème), exerçant dans les ports de Casablanca et de Jorf Lasfar, les autres ports du Maroc totalisent en tout 21 personnes, dont trois (2 à Kenitra et 1 à Tan Tan) salariés de l’ANP et 18 de la Sodep. Il faut savoir que sans les pilotes, un port peut être paralysé car aucun bateau ne pourrait ni accoster ni quitter les ports.

Les pilotes, déjà très peu nombreux, se plaignent aussi de la charge de travail devenue, selon eux, trop lourde depuis le départ récent en retraite anticipée de sept d’entre eux. Mais il n’est pas exclu que les partants se retrouvent en tant que contractuels au port Tanger-Med qui sera opérationnel dans quelques mois, sachant qu’il a aussi son propre statut.

Pour les 21 restants qui ont ouvert le front de la réforme statutaire, la victoire est loin d’être acquise. Selon Jamal Benjelloun, directeur de l’ANP, la loi 15 /02, qui veut que les activités de l’ex-Odep soient transférés à la Sodep, est strictement appliquée. Quant à élaborer un statut particulier pour quelques personnes, il n’en voit tout simplement pas l’utilité.