Les pharmaciens de Casablanca envisagent de saisir la justice pour faire respecter les horaires de travail

Trois sit-in et une grève générale sont prévus pour le mois de juillet n La wilaya considère qu’il s’agit d’un conflit interprofessionnel. Le personnel des officines dénoncent un surplus de travail non rémunéré.

Pourquoi la wilaya de Casablanca, contrairement à ce qui s’est passé à Tanger et Meknès, n’intervient-elle pas pour faire respecter les horaires de travail des pharmacies ? C’est la question que se posent les pharmaciens de la ville. Cinq de leurs confrères installés au Morocco Mall, Anfa Place et Hay El Qods sont accusés de passer outre l’arrêté du wali du Grand Casablanca qui détermine les heures d’ouverture et de fermeture des officines. «C’est une affaire entre pharmaciens et nous pensons que le Conseil de l’ordre des pharmaciens doit intervenir pour faire respecter les horaires», rétorque une source à la wilaya, qui ajoute toutefois que «le non-respect des horaires est passible de sanctions disciplinaires relevant du Conseil de l’ordre». Cette réponse exaspère le syndicat des pharmaciens. Il estime que «le wali, pour des raisons qui restent incompréhensibles, ne souhaite pas intervenir alors que les horaires relèvent de ses attributions».

Pour exprimer leur colère, les professionnels prévoient après les deux sit-in du 17 mai et du 28 juin, d’en programmer trois autres les 5, 12 et 16 juillet. Ils brandissent même la menace d’une grève générale le 25 juillet et n’écartent pas l’idée de recourir à la justice, le tribunal administratif en particulier, pour non-application des dispositions de l’arrêté de la wilaya.

Un dépassement de 15 min est autorisé pour permettre de servir les clients encore dans le commerce

Il est à noter qu’en 2011, le syndicat avait déjà saisi ce même tribunal qui s’est déclaré incompétent. Dispose-t-il aujourd’hui d’éléments nouveaux pour appuyer sa défense ? Le syndicat assure détenir 30 procès-verbaux d’huissiers constatant le non-respect des horaires par les pharmacies précités. Une réunion est prévue cette semaine pour décider de la saisine.

Par ailleurs, le syndicat national du personnel de pharmacies a emboîté le pas aux pharmaciens en organisant un sit-in le 29 juin dernier pour dénoncer «l’anarchie dans le secteur et l’exploitation du personnel qui est tenu de travailler de 9 h du matin à 9 h du soir en cas de non-respect des horaires dans certaines pharmacies».

Rappelons que normalement et sur décision du wali, les officines ouvrent le matin de 9 à 12h30 et l’après-midi de 15h30 à 20h30, sauf le vendredi où l’horaire d’ouverture du matin est fixé de 9h30 à 13 heures. En été également, l’horaire d’ouverture de l’après-midi est repoussé à 16 heures au lieu de 15h30 habituellement. Un dépassement de 15 minutes est autorisé pour permettre de servir les clients qui étaient déjà dans le commerce avant l’heure exacte de fermeture. Pour la garde dont le calendrier est préparé par les conseils régionaux de l’ordre, une ou plusieurs pharmacies ouvrent jusqu’à 21 heures, minuit ou 24h/24, et ce, dans chaque préfecture.