Les performances d’Attijariwafa bank boostées par ses activités au Maroc

La banque au Maroc génère 80% de la croissance du PNB en 2014 et monte à  60% du résultat net part
du groupe. Le poids des filiales en Afrique stagne du fait d’une hausse de la contentialité. Les activités de trading montent de 16 à  21% du PNB.

Attijariwafa bank confirme encore une fois son dynamisme commercial. La banque a collecté en 2014 pour près de 356,8 milliards de DH de dépôts, soit une progression de 13% par rapport à 2013. Le groupe, à l’exception des autres établissements de la place, agrège certes dans ses ressources, en plus des dépôts bancaires, l’encours de la gestion d’actifs (OPCVM) et la bancassurance. Mais même si on ne considère que la composante classique des dépôts, Attijariwafa bank reste au-dessus de la mêlée, sachant que le secteur bancaire a connu une croissance en la matière de 7%, à 726 milliards de DH.
Au registre des crédits aussi, le groupe se distingue avec un total de financements distribués de 255,1 milliards de DH, en progression de 1,7%. Cela place la banque légèrement en dessous du marché qui a connu un accroissement des crédits de 2%, à 748 milliards de DH. Mais il faut dire que le groupe affiche un encours de financements déjà bien consistant, qui offre donc de moindres possibilités de croissance et qui le maintient d’ailleurs au rang de premier financeur de l’économie. Du reste, la faiblesse de la demande de crédit est aujourd’hui une réalité à l’échelle du secteur bancaire, en dépit des efforts commerciaux déployés, estime Mohammed Kettani, PDG du groupe, étant à rappeler qu’entre 2006 et 2012, la croissance moyenne des financements distribués ressort à 14%.

Plus que les bonnes prestations commerciales, qui s’appuient entre autres sur le recrutement de près de 421000 nouveaux clients bancaires au Maroc, Attijariwafa bank élargit les marges dégagées sur les commissions, les intérêts et les activités de trading. D’abord, les profits retirés des frais facturés à la clientèle progressent en effet de 3,9%, à 3,9 milliards de DH. Cette croissance reste en dessous de la progression de plus de 5% engrangée habituellement par le groupe sur les marges sur commissions. Le management explique cette légère sous-performance par les effets de nouvelles procédures d’interruption des commissions sur les comptes gelés, introduites déjà en 2013 et qui avaient d’ailleurs affecté la marge sur frais de ce dernier exercice. Le groupe s’attend à un retour au niveau de croissance habituel sur l’année en cours. Pour sa part, la marge d’intérêt ressort en progression de 4,2%, à 11 milliards de DH. Et c’est véritablement sur les activités de marché que la banque brille le plus avec une progression de la marge dégagée de 41%, à 4 milliards de DH. La baisse tendancielle des taux des bons du Trésor depuis fin 2013 conjuguée à l’embellie observée sur le marché actions, explique cette bonne prestation qui devrait, du reste, très certainement se retrouver sur les états financiers des autres établissements de la place. Notons par ailleurs que la montée du résultat des activités de trading est telle qu’elle modifie de manière notable la structure du Produit net bancaire de la banque. A 19,4 milliards de DH, celui-ci ressort en progression de 8,8% en 2014,
à laquelle les activités au Maroc contribuent à hauteur de +7,3 points. Les activités de marché, qui représentaient 16% du PNB en 2013, montent à 21% en 2014 tandis que les marges sur les commissions et les intérêts ont vu leur poids régresser respectivement de 0,9 et 2,5 points, à 20% et 57%.
Au-delà de la bonne tenue des indicateurs d’activité, il est intéressant de constater que les charges générales d’exploitation ont connu une hausse maîtrisée de 7%, à un peu moins de 8 milliards de DH. En lien direct, le coefficient d’exploitation du groupe, déjà le meilleur de la place, fond davantage, passant de 44,5% à 43,7%.

Hausse de 62% du coût du risque

Pourtant, la banque n’a pas ménagé ses efforts de développement. Le réseau de distribution s’est en effet étoffé de 134 nouvelles agences pour atteindre 3 331 points, soit le réseau le plus dense en Afrique. Au Maroc, ce sont 95 nouvelles agences qui ont été implantées, portant le réseau à 2 636 unités. Et dans la lignée de cette croissance organique, le groupe a recruté 635 nouveaux collaborateurs entre 2013 et 2014, dont 226 au niveau de la banque au Maroc.
Ainsi, le résultat brut d’exploitation ressort en progression de 10,2%, à 10,9 milliards de DH. Mais une ombre apparaît au tableau lorsque l’on arrive au coût du risque. Celui-ci augmente de près de 62,6%, à 3 milliards de DH. Le management du groupe rattache sans surprise ce dérapage au contexte économique difficile mais aussi à une hausse de la contentialité en Afrique. Néanmoins, le management soutient que la hausse du coût du risque dénote d’«une approche rigoureuse et anticipative du groupe en matière de détection, suivi et couverture des risques». Notons à ce titre l’amélioration du taux de couverture qui passe de 64% en 2013 à 68,5% en 2014.
En bout de course, s’appuyant sur la bonne prestation commerciale convertie en profits d’exploitation en croissance, et en dépit de la hausse du coût du risque, le résultat net part du groupe progresse de 5,2%, à 4,4 milliards de DH.