Les pays du Maghreb disposés à approfondir leur intégration énergétique

L’industrie électrique est à l’avant-garde de ce que pourrait être l’intégration énergétique des pays du Maghreb. La région dispose d’un potentiel de production d’électricité constitué d’un gisement important en énergies renouvelables.

«L’intégration maghrébine : facteur d’accélération de la transition énergétique» était le thème de la 6e Conférence générale du comité maghrébin de l’électricité (COMELEC), organisée les 8 et 9 décembre à Rabat. Cette rencontre, qui a réuni des dizaines d’experts et de professionnels du secteur, fait suite aux travaux de la 5e Conférence qui ont posé les jalons d’une coopération maghrébine dans le domaine des énergies renouvelables.

L’industrie électrique apparaît comme étant à l’avant-garde de ce que pourrait être, à l’avenir, une intégration énergétique des pays de la région. En effet, le Maghreb bénéficie d’un acquis de taille, à savoir une interconnexion complète et consistante, ainsi que l’existence d’un organisme de coordination permanent qu’est le COMELEC. A cela s’ajoutent des actions menées par les entreprises d’électricité afin d’harmoniser les règles d’exploitation des réseaux et profiter des complémentarités des systèmes. Ces actions restent néanmoins modestes, comparativement aux gains qu’engendreraient une gestion et un développement intégrés des systèmes.

La transition énergétique requiert des dispositifs juridiques et réglementaires

Abdelkader Amara, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, explique que «le Maroc, du fait de sa position géographique et stratégique, accorde une importance particulière à l’intégration énergétique des pays de la région et au développement des infrastructures d’interconnexion électrique entre ces pays».

A ce titre, la poursuite du développement des interconnexions électriques intermaghrébines se révèle indispensable à l’optimisation des systèmes électriques maghrébin et euromaghrébin (augmentation des échanges électriques transfrontaliers, réduction des coûts, injection d’importantes capacités de production d’électricité d’origine renouvelable…) et ce, dans la perspective d’asseoir un véritable marché régional de l’électricité.

Pour sa part, Habib Benyahia, secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), constate avec satisfaction que «les réseaux électriques des pays maghrébins sont interconnectés avec une infrastructure solide et [que]les échanges en termes d’énergie électrique sont en constante augmentation. L’intégration énergétique du Maghreb est donc sur la bonne voie». Le Maghreb dispose également d’un potentiel de production d’électricité constitué d’un gisement important en énergies renouvelables, dont notamment le photovoltaïque et l’éolien. Ce potentiel en énergies renouvelables lui confère «une place de choix pour une transition vers un système énergétique régional plus sûr et durable».

Il n’en reste pas moins que la transition énergétique, déjà engagée à l’échelle régionale, doit s’accompagner de la mise en place de dispositifs juridiques et réglementaires, afin d’en favoriser la réussite.