Les parlementaires mal lotis !

A la différence des ministres, les parlementaires ne constituent pas une charge financière pour l’Etat après leur départ à la retraite. S’ils continuent à toucher une pension, c’est qu’elle est le fruit de leurs cotisations durant leur passage par l’hémicycle. «Une retraite gérée par la Caisse nationale de retraite et d’assurance (CNRA), chargée, en vertu d’une convention avec le Parlement, de capitaliser les cotisations», indique-t-on auprès de cette institution.
Cette cotisation est «de l’ordre de
4 800 DH par mois, supportée conjointement et à parts égales par le Parlement et le député». Autrement dit, le budget de l’Etat supporte annuellement, afin d’assurer la retraite du parlementaire, un montant comme 9,36 millions de DH. Mais ne peut être retraité parlementaire qui veut. Il y a une condition préalable : être membre de l’une des deux Chambres pour au moins deux ans. Si cette exigence n’est pas satisfaite, le député n’a droit, à son départ, qu’au remboursement de ses cotisations.
À noter également que la retraite est fonction du nombre des mandats. Elle est donc de 5 000 DH par mois pour un parlementaire qui n’a été élu que pour une seule législation, de 7 000 DH pour deux mandats et plafonnée à 9 000 DH pour les parlementaires qui ont cumulé trois mandats et plus. Par ailleurs, elle prend fin avec le décès du bénéficiaire.
Un grand débat partage aujourd’hui les occupants éphémères de l’hémicycle, dont la majorité est insatisfaite du montant de cette retraite. «Les parlementaires réclament aujourd’hui la révision de la loi régissant leurs traitements. Les 30 000 DH mensuels ont été fixés il y a bien longtemps et les parlementaires “estiment qu’aujourd’hui cette indemnité ne couvre pas leurs charges de travail“».
«Il en est de même pour leur retraite», indique Mohamed Saâd Alami, ministre des Relations avec le Parlement. Et d’ajouter «qu’une étude dans ce sens avait été effectuée par des experts du ministère des Finances et remise aux services du Parlement, étude dont le contenu est ignoré par les parlementaires eux-mêmes !»