Les opérateurs économiques optimistes, malgré un léger repli en mai

Ils espèrent une augmentation des ventes locales et étrangères durant les trois prochains mois. Bank Al Maghrib confirme le raffermissement de la reprise dans le secteur non agricole. La récente dégradation de la situation financière internationale suscite de nouvelles inquiétudes.

Les opérateurs économiques sont optimistes. Pour les trois prochains mois, ils anticipent une hausse des ventes locales et étrangères, révèle Bank Al Maghrib dans sa dernière enquête mensuelle de Conjoncture relative à mai. Le petit coup de pompe constaté au cours de ce dernier mois ne les a sans doute pas inquiétés. En effet, les différents indicateurs d’activité ont marqué un léger repli par rapport au mois précédent. Il ressort de l’enquête de Bank Al Maghrib que le taux d’utilisation des capacités de production a baissé de 2 points à 71%. Hors raffinage, ce taux est à 70%, et ce, pour le deuxième mois consécutif. Les industries électriques et électroniques présentent un niveau d’activité plus élevé reflété par un taux de 79%, même si les opérateurs dudit secteur disent avoir constaté une baisse et ne sont guère plus optimistes pour les mois à venir, contrairement à leurs confrères des autres secteurs. La chimie-parachimie où les capacités sont utilisées à 73%, a également fléchi. Un niveau identique, mais en hausse, est observé dans l’industrie agroalimentaire, tandis que dans le textile et cuir et les industries mécaniques et métallurgiques, l’outil de production est utilisé à 70%.

Commande en hausse dans le textile et l’agroalimentaire

Pourtant, les ventes sont globalement orientées à la hausse. Dans le principe, l’activité devrait être plus tonique. La réalité est qu’il y a toujours un décalage entre les commandes et les livraisons. Et comme les stocks de produits finis sont, en mai, supérieurs à leur niveau habituel et que les commandes reçues ont fléchi d’un mois à l’autre pour revenir à un niveau quasi normal, la cadence à dû normalement être réduite, après deux mois (mars et avril) de travail soutenu.
A propos des commandes, les situations sont toutefois différentes selon les secteurs. C’est au niveau des industries électroniques et électriques, de la chimie-parachimie et des industries mécaniques et métallurgiques qu’elles  se sont contractées en mai. En revanche, pour l’agroalimentaire, le textile et le cuir, les opérateurs annoncent plutôt une hausse.
Ces impressions, puisque les résultats découlent d’une enquête d’opinion, seront mieux appréciées, en partie, à travers les indicateurs mensuels de l’Office des changes, relatives au commerce extérieur, qui seront publiées dans les prochains jours. Il est nécessaire à cet égard de souligner que le repli de mai n’est pas révélateur de l’évolution de l’activité depuis le début de l’année. L’activité non agricole s’est relativement bien reprise, même si on n’ignore pas que beaucoup de secteurs avaient touché le fond en 2009. Et selon l’Institut d’émission, cette tendance devrait se confirmer, si la détérioration récente de la situation financière ne s’étend pas à la sphère réelle.