Les objectifs du Plan d’accélération industrielle seront revus à la hausse

Le ministre du commerce et de l’industrie considère que les objectifs initialement fixés ne sont pas assez ambitieux. Plusieurs contrats de performance signés avec les fédérations professionnelles seront revus. Le PAI sera régionalisé pour que le fruit des investissements profite au maximum à toutes les zones.

Al’«Industry meeting day», organisé le 25 mai par nos confrères de «Industrie du Maroc», Moulay Hafid Elalamy a fait de grandes annonces ! La plus retentissante : les objectifs du Plan d’accélération industrielle seront revus à la hausse. «A l’annonce des objectifs très ambitieux du PAI, plusieurs y ont vu une simple vue de l’esprit. Aujourd’hui, avec ce qui se fait dans l’industrie, nous nous rendons compte qu’ils sont obsolètes et peuvent être dépassés», estime M. Elalamy. Il rappelle en substance que l’objectif de 500 000 emplois -alors que l’industrie en a créé 75 000 sur les dix années antérieures au lancement du PAI- a été jugé déconnecté de la réalité. Mais pas pour longtemps ! Concrètement, le ministère va revoir les objectifs arrêtés dans plusieurs contrats de performance avec les fédérations sectorielles. Par exemple, «dans l’automobile, premier secteur à avoir choisi la configuration des écosystèmes, nous nous sommes rendu compte que les objectifs sont ridicules. Nous sommes en train de discuter pour revoir les objectifs des contrats de performance avec l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile», confie M. Elalamy. Pour rappel, le contrat de performance de l’industrie automobile signé fin 2014 ambitionne de créer, à l’horizon 2020, 90 000 nouveaux emplois, porter le chiffre d’affaires à l’export du secteur à 120 milliards de DH, et le taux d’intégration locale à 60%. En février 2016, l’écosystème «moteurs et transmission» s’est également mis en place. Cet écosystème veut contribuer à créer 10 000 emplois industriels directs à forte valeur ajoutée, et générer un chiffre d’affaires additionnel de plus de 6,5 milliards de DH.

S’agissant de l’ordre de grandeur des nouveaux objectifs, le ministre a fait comprendre que cela peut aller du simple au double dans quelques filières dynamiques qui sont en avance sur leurs anciens objectifs.

Intéresser le capital national à l’industrie

«L’automobile est souvent donné en exemple parce que ses opérateurs ont été les premiers à adhérer à la démarche des écosystèmes, mais d’autres secteurs font aussi de très belles avancées, notamment le textile, l’agroalimentaire, la chimie-parachimie, les matériaux de construction…», dixit M. Elalamy.

Pour atteindre ces nouveaux paliers et sauvegarder les acquis, le ministre a énuméré ses priorités. «Le premier grand défi est de redonner goût à l’industrie», confie-t-il. Ensuite, après avoir fait venir les locomotives et les grands industriels internationaux, il faut intéresser le capital national. «La mayonnaise semble prendre puisque les investisseurs nationaux commencent remarquablement à s’intéresser de nouveau à l’industrie», soutient-il. Lors de la dernière commission des investissements qui a approuvé 51 projets pour environ 67 milliards de DH, 61 milliards ont été pourvus par des nationaux.

Un autre chantier d’envergure, selon le ministre, consiste en la régionalisation du PAI pour que le fruit des investissements profite au maximum aux territoires. «Cela va coûter plus à l’Etat d’installer PSA à Kénitra que de le faire à Tanger, notamment en raison des coûts logistiques et de l’existence d’infrastructures déjà en place à Tanger, mais il fallait faire ce choix pour faire bénéficier une autre ville des retombées de cet investissement», dixit le ministre. Une autre priorité aux yeux du ministre, la formation. M. Elalamy a rappelé l’exemple de la formation d’ingénieurs dans l’Institut de PSA à Kénitra. «Aujourd’hui, 1 000 sont déjà en formation sur un objectif de 1500 qui sera également revu à la hausse pour former 3 000 ingénieurs», annonce-t-il.